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African Union Journal – l’interview : Cessouma Minata SAMATE, commissaire à la santé, aux affaires humanitaires et du développement social de l’Union africaine

African Union Journal : dans une interview exclusive accordée à Africa24, la commissaire à la santé, aux affaires humanitaires et du développement social de l’Union africaine Cessouma Minata SAMATE, s’exprime sur les questions de la sécurité alimentaire en Afrique et sur la réglementation dans la fabrication des médicaments sur le continent.  

1- « Renforcer la résilience en matière de nutrition sur le continent africain : Accélérer le capital humain, le développement social et économique ». Qu’est-ce qui justifie le choix de ce thème par rapport au programme de développement africain ?

Merci beaucoup madame et merci pour l’occasion que vous nous avez donné d’échanger avec vous sur certaines des préoccupations de la commission de  l’Union africaine et de l’Union africaine en générale. Parlant du thème de l’année comme vous  le savez, chaque année les dirigeants africains décident de réfléchir sur une problématique, un thème bien précis et cette année c’est sur la question de la nutrition :  comment renforcer les questions de nutrition, la sécurité alimentaire aussi renforcer les systèmes agro-alimentaires. Les chefs d’Etat et de gouvernement ont décidé de réfléchir sur cette question en tenant compte des aspirations de l’agenda 2063. 

On ne peut pas bâtir l’Afrique que nous voulons si nous n’avons pas une population bien nourrie, une population qui est en bonne santé. Puisque cette population est le capital humain il faut donc bâtir la résilience au niveau de la nutrition au niveau des populations africaines et surtout avec l’ensemble des citoyens africains particulièrement les jeunes. Car ces jeunes constituent la majorité de la population africaine et les femmes apportent leur contribution aussi à la paix, à la sécurité, au développement et aussi sont au devant de la scène en matière de nutrition. 

2- Que pouvez-vous nous dire sur l’état de la nutrition sur le continent africain ? 

Merci beaucoup madame, la situation que vous regardez dans le monde, et particulièrement celle du continent africain est gagnée  par des difficultés en matière de nutrition. Je ne vais pas m’étendre sur les chiffres mais lorsqu’ on regarde, nous sommes à la traîne au niveau du continent et c’est important de savoir quelles sont les causes de cette malnutrition et pourquoi l’afrique n’arrive pas à aller de l’avant. 

Les causes sont multiples. je commencerai par les questions agricoles. Vous savez, l’Afrique a des difficultés parce qu’on a des changements climatiques dans certaines régions du continent : nous avons la sécheresse et dans d’autres régions nous avons des inondations ce qui ne nous permet pas d’avoir suffisamment de nourriture pour la population. j’ajouterai aussi à celà quelque chose d’important et qui a des conséquences sur tout notamment sur la nutrition et  la paix, il s’agit des  conflits. 

Lorsqu’il y a conflit sur le continent, les populations ne peuvent plus cultiver, les populations ne peuvent plus se nourrir. Et il y a un facteur qui est apparu ces dernières années. Lorsque nous étions gosses, on attendait parler de criquets pèlerins, nous ne savions pas ce que c’était. 

Mais ces dernières années nous avons les criquets pèlerins et la chenille légionnaire. Ces deux fléaux sont des handicapes au niveau de la sécurité alimentaire d’où la nécessité pour les dirigeants africains de réfléchir sur la thématique, d’être sensibilisés et surtout d’avoir des financements pour prendre en charge cette problématique. 

Car si vous avez une population qui n’est pas bien nourrit elle ne peut pas participer aux activités de développement, elles ne peuvent plus non plus participer aux questions de paix et d’éducation. Et autre chose qui soit apparu et qui nous oblige à réfléchir sur cette problématique, dans la plupart de nos maisons on nourrit nos enfants à l’école, cela est important parce qu’on a une façon de vivre sur le continent africain avec des habitudes alimentaires. 

Et lorsque ces enfants se retrouvent à l’école dans la plupart de nos écoles comme je le dis, on arrive à leur donner des repas ou des kits et celà contribue à améliorer leur santé et la situation s’est aggravée avec la situation du coronavirus. Tous ces facteurs réunis ont amené nos chefs d’Etats et nos partenaires ont décidé de réfléchir sur cette problématique et en fin d’année faire le point. Nous avons des documents, des instruments juridiques qu’il faut mettre en œuvre et nous aurons trois départements  et l’ensemble de la commission va réfléchir  sur cette question. Nous avons le département qui s’occupe des questions d’agriculture  je vous parlais des changements climatiques nous avons aussi des questions d’éducation avec les enfants. je voudrai rappeler aussi madame que ce thème a été accepté par la conférence des chefs d’États et de gouvernement sur proposition du chef d’État Dramane Alassane Ouattara le président de la république de côte d’Ivoire et ce thème a été accepté par ses pairs et nous avons eu une note conceptuelle avec des activités à mener durant toute l’année. Voilà ce qui a amené les chefs d’Etats à réfléchir sur cette question. 

3- Pouvez-vous nous donner quelques-unes des réalisations/réussites de la Stratégie régionale africaine de nutrition 2016-2025, visant à améliorer la nutrition sur le continent ?

Des progrès ont été réalisés mais la commission a elle seule ne peut pas réaliser toutes les avancées. Comme je le disais la balle est aussi dans le camp de la commission, qui coordonne ces thèmes et surtout les États membres ne sont pas au même  niveau et ça dépend des pays mais d’une manière générale, on a pu mettre en œuvre cette stratégie. Mais beaucoup reste à faire, car s’il n’y avait pas à faire on aurait pas décidé malgré cette stratégie de réfléchir sur cette problématique sur le continent Africain. 

4- Quel est le rôle du thème de cette année pour renforcer les objectifs de l’Agenda 2063 de l’UA ?

Au début je vous disais que l’Afrique que nous voulons au terme de l’Agenda 2063 est bâti sur plusieurs aspirations et nous voulons la contribution de l’ensemble des États et nous allons travailler avec les États membres. Je mettrai beaucoup plus l’accent sur les jeunes qui désirent s’investir beaucoup plus dans l’agriculture pour atteindre cette auto suffisance alimentaire et qui n’arrivent pas.

 Il y a beaucoup de problèmes. Et lorsque je regarde aussi au niveau de nos États membres, et dans la plupart des pays vous avez des zones excédentaires et déficitaires et malheureusement nous avons pas des infrastructures pour amener la nourriture, c’est autant de questions et tout le monde est concerné par la mise en oeuvre de ce thème y compris vous aussi de la presse parce que nous avons besoin de vous pour porter les stratégies de l’Union africaine vers les peuples. Il y a aussi le partage d’expérience entre les États qui n’ont pas atteint l’autosuffisance alimentaire. Notons qu’il  y a quand même des progrès. Aujourd’hui nous sommes arrivés quand même à éviter certaines situations, mais la malnutrition reste une des difficultés qu’il faut travailler justement à changer la donne sur le continent africain. 

5- Quel est l’état actuel de la réglementation et de la fabrication des médicaments en Afrique ?

Cette question me semble très importante avec ce que nous avons vécu depuis 2020. La pandémie du coronavirus est venue nous rappeler la nécessité pour nous pays africain de produire nous même nos médicaments, la nécessité pour nous pays africain à nous vacciner, à soigner et si, à l’émergence des maladies telles que le coronavirus que nous puissions produire les médicaments sur place. Les chefs d’État et de gouvernement ont réfléchi sur cette problématique avec le CDC Afrique et aujourd’hui nous avons sur la table également  le travail à opérationnaliser Africa CDC, avec l’agence africaine du médicament. Ce sont les deux instruments au niveau du continent africain. 

Les chefs d’État et de gouvernement ont décidé de créer une agence africaine de médicament pour harmoniser les législations. Comme vous le savez pour la plupart, c’est triste pour le continent africain, on a beaucoup de médicaments qui tue. On dit généralement les médicaments de la rue, comment nous pouvons renforcer les capacités des États membres, comment nous pouvons coordonner les législations des États membres et comment nous pouvons mettre à la disposition des citoyens des médicaments de bonne qualité et des médicaments qui soignent effectivement. C’est pour cette raison que l’agence à été créée, nous avons eu beaucoup de ratifications, dont il nous fallait 15 et nous sommes à 19, et plusieurs États ont signé. Nous sommes donc à 28 signatures et c’est l’occasion pour moi de saluer le leadership de Monsieur Michel SIDIBEY qui était pour moi la personnalité qui a aidé à sensibiliser les États membres et très rapidement nous avons pu avoir le nombre qu’il nous fallait pour l’entrée en vigueur de ce traité. 

6- Nous avons vu des pays comme l’Égypte, l’Afrique du Sud, l’Algérie et d’autres produire leurs propres vaccins COVID 19. Cela montre les efforts des gouvernements africains pour renforcer l’industrialisation afin de réduire la dépendance extérieure. Que pouvez-vous dire à ce sujet ?

En tant que commissaire en charge des questions de santé, on ne peut que saluer celà. Lorsque j’ai vu l’Afrique du sud, un grand pays, une puissance au niveau du continent africain qui produit des vaccins, et les mets à la disposition de grands pays on ne peut qu’être fière de cette situation en voyant que quelque part le Coronavirus est venu nous rappeler que nous devons nous battre pour produire et les pays comme l’Afrique du Sud, l’Algérie, l’Égypte, le Sénégal, le Ghana sont dans la dynamique de produire les vaccins, on ne peut que saluer cela et dire notre fierté et notre encouragement à ces pays. Vous avez vu lorsqu’on a pu découvrir un vaccin, nous sommes à la traîne, il y en a ceux qui sont à la première, deuxième, troisième dose, et on parle maintenant de booster et nous on est qu’à 11 pourcent des populations vacciner. Pour changer cette donne, il nous faut produire nous même nos vaccins sur le continent, qu’on nous accompagne dans cette dynamique et nous sommes capables de le faire. Je voudrais rappeler aussi madame que la pandémie du coronavirus est venue nous rappeler que l’afrique peut compter sur elle même. J’ai été tellement impressionné par les projets de la jeunesse, en terme de masque, de matériels pour laver les mains. 

Immédiatement la jeunesse s’est impliquée et nous pourrions aussi à notre niveau avoir des masques et cela crée des opportunités d’emploi. Nous pouvons et nous sommes capables de le faire. Nous devons le faire parce que nous n’avons pas le choix si nous ne voulons pas continuer à être les derniers et à la traîne.

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