L’Afrique s’engage dans une transformation numérique rapide, portée par des stratégies ambitieuses dans des pays comme l’Afrique du Sud, le Kenya, le Nigeria et le Ghana, et des investissements croissants dans l’IA, le cloud et les infrastructures intelligentes. Si cette dynamique ouvre de nouvelles opportunités pour les entreprises et les professionnels, elle se heurte à des défis majeurs: cybersécurité, déficit de compétences, inégalités d’infrastructures et coûts élevés que le continent devra relever pour bâtir des économies inclusives et basées sur le savoir.
L’Afrique connaît une transformation numérique rapide alors que les gouvernements et les organisations s’approprient la technologie pour stimuler la croissance économique. À l’avant-garde, des pays comme l’Afrique du Sud, le Kenya, le Nigeria et le Ghana lancent des stratégies numériques ambitieuses. Parallèlement, les investissements dans l’intelligence artificielle (IA), l’informatique en nuage (cloud computing) et les infrastructures intelligentes se multiplient à travers le continent.
« Ce que nous avons réalisé au Ghana, et qui nous a beaucoup aidés, a été d’utiliser la technologie pour évaluer et avoir une vue consolidée des comptes bancaires, que ce soit à la Banque du Ghana ou dans les banques commerciales, car le nombre d’établissements bancaires est important. »
Gilbert Nyaledzigbor, Deputy Controller and Chief Accountant, Treasury and ICTM Division – Ghana
Alors que la transformation numérique en Afrique progresse rapidement , elle fait cependant face à plusieurs défis : cybersécurité accrue, déficit de compétences, cadres réglementaires incohérents, infrastructures inégalement réparties, résistance au changement, coûts élevés pour les PME et impacts environnementaux. Les solutions incluent le renforcement de la cybersécurité, la formation, l’harmonisation des règles, l’extension des infrastructures, le soutien financier aux PME et l’adoption de technologies durables.
« Et quand certains pensent que l’IA va supprimer tous les emplois, nous avons également constaté l’an dernier qu’environ 4,5 millions d’emplois dans le secteur technologique sont restés vacants. Il y a donc une pénurie mondiale de personnes capables de maîtriser et de déployer les technologies dont nous parlons. »
Bosun Tijani, Ministre des Communications, de l’Innovation et de l’Économie numérique – Nigéria
Selon des observateurs, les initiatives visant la transformation numérique de la gestion des finances publiques témoignent de l’engagement de l’Afrique à construire des économies basées sur le savoir et soutenues par des technologies avancées. Les projections estiment que les dépenses en technologies de l’information (TI) sur le continent atteindront 712 milliards de dollars d’ici 2050, illustrant la volonté de l’Afrique de s’inscrire durablement dans l’innovation numérique.
« C’est un continent où environ 70 % de la population a moins de 30 ans. Au Nigeria, avec plus de 230 millions d’habitants, l’âge moyen est d’environ 16,9 ans, ce qui montre une population extrêmement jeune. »
Bosun Tijani, Ministre des Communications, de l’Innovation et de l’Économie numérique – Nigéria
Cette transformation ne remodèle pas seulement les organisations. Pour les professionnels, elle crée des opportunités pour développer de nouvelles compétences, se spécialiser dans les technologies émergentes et prospérer dans un marché de l’emploi compétitif. Selon la Société financière internationale (IFC), environ 230 millions d’emplois en Afrique subsaharienne vont nécessiter des compétences numériques d’ici 2030 dans tous les secteurs.