Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur linkedin
Partager sur pinterest
Partager sur whatsapp

Ronnie Ntuli, Fondateur et président exécutif du groupe Thelo : « l’Afrique et les Caraïbes doivent être unies pour commencer à envisager le commerce et l’investissement entre les deux régions »

Dans cette édition nous recevons Ronnie Ntuli, fondateur et président exécutif du groupe Thelo, en marge du premier Forum Afrique-Caraïbes sur le commerce et l’investissement, organisé à Bridgetown, à la Barbade. Ronnie Ntuli nous parle des activités du groupe Thelo pour promouvoir le commerce et les investissements en Afrique.

Vous avez participé au premier Forum Afrique-Caraïbes sur le commerce et l’investissement organisé à la Barbade sous le thème “Un peuple. Un destin. Unir et réinventer notre avenir”. Selon vous, que doivent faire les gouvernements pour passer de la parole aux actes dans la dynamisation des échanges entre l’Afrique et les Caraïbes?

Je pense qu’être ici à ce forum organisé par Afreximbank et le gouvernement de la Barbade est déjà une indication d’aller au-delà des discussions pour passer à l’action réelle. Rassembler tous les États-nations de la Communauté des Caraïbes, au niveau des chefs d’État présents ici, montre déjà beaucoup d’efforts. Je pense que l’intention de travailler avec l’Afrique et la diaspora est un grand pas en avant. Nous devrions tous célébrer le fait que nous sommes ici ensemble. Deuxièmement, je pense que, collectivement, nous reconnaissons l’opportunité pour les Africains et la diaspora de se rassembler, non seulement en raison de l’affiliation historique, mais dans le but de commencer à envisager le commerce et l’investissement entre les deux régions. C’est un énorme pas en avant et nous devrions nous en réjouir. Il y a beaucoup de discussions autour des opportunités concrètes qui existent entre l’Afrique et les Caraïbes. Je ne doute pas qu’il y aura de l’action.

Vous êtes le fondateur et le président exécutif du groupe Thelo, une société d’investissement indépendante et diversifiée basée en Afrique du Sud et spécialisée dans les secteurs du transport et des services financiers. Parlez-nous de votre groupe et de ses objectifs.

Le groupe Thelo est un groupe industriel africain. Notre intention est de faciliter la mobilité sur le continent africain. Du point de vue du développement, l’un des outils importants pour le développement de toute région est le transport: la mobilité. Les infrastructures et systèmes de transport dans les pays, les régions, et plus largement sur le continent, sont de qualité inférieure. Si vous regardez la masse continentale de l’Afrique, vous verrez qu’il existe une grande opportunité pour développer les infrastructures de transport, en particulier les chemins de fer. L’Afrique est une très grande masse continentale. Nous exportons en grande partie des produits BAAL; c’est-à-dire des produits agricoles et minéraux et nous importons du carburant et des conteneurs sur de très longues distances. Nous pensons que le chemin de fer est la vraie proposition et c’est pourquoi notre groupe se concentre principalement sur de très grands projets ferroviaires à travers le continent africain.

Lors du Forum Afrique-Caraïbes sur le commerce et l’investissement, votre groupe a signé un accord de gestion ferroviaire avec le gouvernement du Ghana en faveur du projet Western Railway Line. En quoi consiste ce projet et que peut-on attendre de ce partenariat?

Nous avons signé une transaction importante avec le gouvernement du Ghana, une opportunité d’une valeur de 3,2 milliards de dollars pour investir dans le système ferroviaire ghanéen; le Western Railway corridor en particulier. Au Ghana, c’est un corridor très stratégique pour le fret. Nous avons signé cet accord à Accra et il s’agit d’un projet qui aidera à développer et à moderniser la Western Railway Line afin d’améliorer le système d’infrastructures ferroviaires du pays. Il est très important pour nous de renforcer les capacités du Ghana. Une grande partie de cet accord consiste à former des personnes capables de s’impliquer dans les opérations, la maintenance et le développement de ce projet. C’est un très grand projet pour nous et nous sommes reconnaissants que le gouvernement du Ghana ait accepté de travailler avec nous pendant une période de 25 ans pour sa mise en œuvre. Cela bénéficiera non seulement au Ghana, mais à toute la région ouest-africaine et au continent dans son ensemble. Pour le continent, il s’agit d’un nouveau modèle dans la mesure où le projet est cantonné et financé entièrement. Il n’alourdit pas le bilan du gouvernement du Ghana, il est ancré sur le fret et son modèle et sa structure garantissent que le gouvernement du Ghana conservera la propriété de l’infrastructure pendant et après son plan de développement de 25 ans.

Qu’est-ce qui a motivé ce projet? Pourquoi le choix du Ghana?

Nous sommes conscients qu’il s’agit d’une solution nécessaire à travers le continent, non seulement pour construire l’infrastructure, mais pour la considérer comme un projet à long terme, pour l’opérationnaliser et pour s’assurer que la dette impliquée pour développer le projet est gérée. Notre vision en tant qu’entreprise africaine est très différente. Nous ne sommes pas là simplement pour construire le projet et l’abandonner, nous sommes là pour travailler avec le gouvernement sur le long terme. Le Ghana a vu la proposition de manière fascinante et a soutenu que nous travaillions avec lui sur ce point. Nous avons également eu l’opportunité de bénéficier du soutien de grandes institutions comme Afreximbank, la BAD et d’autres institutions financières qui ont reconnu le modèle et ont voulu le soutenir. Le gouvernement du Ghana a été incroyablement réceptif, il a été très innovant et est prêt à apprendre de nouveaux modèles de structuration, de partenariat et d’opérationnalisation du projet. Aujourd’hui, nous sommes en discussion avec d’autres gouvernements; mais au Ghana, nous mettons en œuvre le premier mégaprojet. Notre entreprise est active sur d’autres marchés, nous avons déjà des trains qui opèrent dans des pays comme le Swaziland, le Mozambique, la Zambie, la Tanzanie et nous sommes aussi très actifs en Afrique du Sud. Nous avons un certain nombre d’opportunités où nous soutenons également les opérateurs ferroviaires sur le marché sud-africain.

Que fait le groupe Thelo pour soutenir le commerce et les investissements par le biais de la ZLECAF, la Zone de libre échange continentale africaine?

Nous soutenons actuellement des compagnies ferroviaires dans des pays comme l’Afrique du Sud, le Swaziland, le Mozambique, la Tanzanie et la Zambie. Nous sommes en pourparlers avec un certain nombre d’autres pays, mais nous devons encore finaliser des accords pour réaliser des mégaprojets. Je ne peux pas lister ces pays à ce stade, mais ces annonces viendront, certaines discussions sont assez avancées. Avec le Ghana, nous sommes déjà parvenus à un accord et pour nous, le plus important c’est que, dans le cadre de la ZLECAF, nous voulons soutenir le développement de corridors ferroviaires qui seront opérationnels à travers l’Afrique et qui serviront de pilier pour l’intégration régionale. Il existe une opportunité d’étendre les réseaux ferroviaires dans les régions. Aujourd’hui, il y a des pays avec lesquels nous discutons et c’est déjà un projet régional intégré. Nous sommes convaincus que ces projets permettront aux États d’avoir accès aux ports. À l’avenir, ce qui est important pour nous, en tant qu’entreprise africaine, ce n’est pas seulement de donner accès aux ports mais d’accompagner l’industrialisation. Nous devons développer des réseaux ferroviaires qui vont d’un point du continent africain à un autre point du continent, où il y a une transformation industrielle, pas seulement pour mettre l’accent sur l’exportation de minéraux bruts ou de produits agricoles bruts.

Quelle est votre vision du secteur privé dans l’opérationnalisation de la ZLECAF?

De notre point de vue, nous pensons que les chemins de fer font partie intégrante des piliers qui permettront le commerce à l’intérieur et à l’extérieur du continent. Nous soutenons l’intention de développer le commerce intra-africain au-delà de 15%. Nous avons besoin d’infrastructures propices au commerce et c’est ce que nous faisons en tant qu’acteurs du secteur privé.

Comment l’Afrique peut-elle tirer parti de plateformes telles que le Forum Afrique-Caraïbes sur le commerce et l’investissement pour accélérer sa croissance économique?

En étant présents ici, nous allons bien au-delà de la géographie de l’Afrique. Il y a un grand nombre de descendants africains qui sont domiciliés en dehors du continent: la diaspora. Je pense qu’avec elle nous élargirons notre clientèle potentielle. Nous avons déjà une importante base de consommateurs potentiels qui est majoritairement composée de jeunes. À travers cette conférence, l’Afrique peut véritablement tirer parti du potentiel de la ZLECAF, qui a la capacité de sortir des millions de personnes de l’extrême pauvreté. Coopérer avec les Caraïbes et d’autres membres de la diaspora peut accroître le potentiel de cet accord commercial. Si on parle d’accord de zone de libre-échange et de capacité à produire, on accède automatiquement à un marché beaucoup plus vaste qui garantit une industrie continentale africaine.

Agenda

Bouton retour en haut de la page

CONTACTEZ NOUS

xxxxxxx@yyy.com