Fermeté face aux coups d’État, priorité à la sécurité et volonté d’imposer des solutions africaines aux crises du continent. Le 39ème sommet de l’Union africaine s’est achevé avec des engagements forts portés par le nouveau président en exercice, Évariste Ndayishimiye, et le président de la Commission, Mahmoud Ali Youssouf. Entre transitions politiques, lutte contre le terrorisme et médiations régionales, l’organisation panafricaine affiche son ambition de reprendre la main sur les grands dossiers africains. Retour sur les principales décisions de ce sommet.
Le 39ème sommet de l’Union africaine s’est achevé le 15 février 2026, après deux jours d’échanges intenses entre chefs d’État et de gouvernement autour des crises majeures qui secouent le continent. Désormais à la tête de l’organisation, et pour une période de 1 an, le président burundais Évariste Ndayishimiye, aux côtés du président de la Commission, Mahmoud Ali Youssouf, qui a présenté les principales conclusions lors de la conférence de presse finale.
“Donc la conférence a souligné que les chefs d’Etat n’auraient aucune tolérance pour les changements de gouvernement sur notre continent. Et la conférence a aussi rappelé sa détermination à faire taire les armes. Et c’est un programme très important. Nous, si nous voulons développer notre continent et nous voulons assurer l’intégration, alors nous avons besoin de faire taire les armes.”
MAHMOUD ALI YOUSSOUF, Président de la Commission de l’UA – Djibouti
Un message ferme, alors que plusieurs pays sont dirigés par des régimes issus de coups d’État, notamment la Guinée et le Gabon, tandis que des transitions sont suivies de près en Guinée-Bissau et à Madagascar. Concernant l’Alliance des États du Sahel qui regroupe le Mali, le Niger et le Burkina Faso, l’organisation panafricaine privilégie le dialogue. Sans envisager leur réintégration immédiate, elle affirme vouloir soutenir leur lutte contre les groupes terroristes.
“Le Burundi est déterminé à apporter sa contribution à faire taire les armes et à renforcer le mécanisme africain de paix. Par ailleurs, toutes les délégations ont réitéré leurs engagements à bâtir une union africaine plus efficace, centrée sur les citoyens et capable de porter d’une seule voix, les aspirations du continent.”
ÉVARISTE NDAYISHIMIYE, Président de la République – Burundi
Dans cette dynamique sécuritaire, la création prochaine d’une plateforme commune réunissant dix-huit pays a été annoncée, avec un objectif affiché notamment celui de renforcer la coopération et « faire taire les armes » sur le continent. Entre fermeté face aux coups d’État, priorité sécuritaire et volonté d’autonomie diplomatique, ce 39ᵉ sommet traduit l’ambition de l’Union africaine de peser davantage dans la gestion des crises, tout en faisant face à des défis encore nombreux pour imposer une paix durable sur le continent.



