La Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) fait face à des défis majeurs. La montée de l’insécurité, les attaques terroristes, les crises constitutionnelles et le départ du Mali, du Niger et du Burkina Faso affaiblissent la coopération régionale et compromettent l’intégration ouest-africaine. Pour surmonter ces crises inédites, la Commission de la CEDEAO déploie une stratégie souple et concertée, mobilisant ses forces et partenaires.
Depuis sa création en 1975, la CEDEAO constitue le pilier de la paix et de la sécurité en Afrique de l’Ouest. Aujourd’hui, elle traverse une phase critique, confrontée à l’insécurité croissante et au terrorisme, notamment Boko Haram, l’État islamique au Grand Sahara et Al-Qaïda au Maghreb islamique, responsables de plus de 6 millions de déplacés en 2023 selon l’ONU. À cela s’ajoutent les ruptures constitutionnelles et les défis économiques.
“ Notre région n’a jamais connu simultanément autant de défis depuis de nombreuses années. En effet, en dehors de nombreuses menaces liées à la paix et à la sécurité ainsi que des défis liés à la pauvreté, notre région est également confrontée au risque de désintégration car, comme vous le savez tous, le 29 janvier dernier, le Burkina Faso, le Mali et le Niger ont notifié à la Commission leur intention de quitter la CEDEAO avec effet immédiat.”
Omar Alieu Touray, Président de la Commission de la CEDEAO – Gambie
Le contexte politique régional suscite également de vives inquiétudes. Au cours des cinq dernières années, la stabilité a été mise à mal par des changements anticonstitutionnels de gouvernement dans plusieurs États membres : au Mali (2020 et 2021), en Guinée (2021), au Burkina Faso (2022 et 2023), et au Niger (2023). Le fait que le Bénin ait échappé à une tentative de coup d’État en met en lumière la fragilité des institutions, même au sein de pays traditionnellement stables.
“ Notre pays a vécu aujourd’hui des événements d’une gravité extrême. En effet, un groupuscule de soldats, sous prétexte de revendications fallacieuses, a entrepris une mutinerie dans le but de s’attaquer aux institutions de la République et de déstabiliser notre nation, remettant ainsi en cause l’ordre démocratique. Une telle entreprise aurait eu pour conséquence de plonger notre pays dans une aventure sans lendemain aux conséquences désastreuses.”
Patrice Talon, Président de la République – Bénin
Initialement promise à devenir un acteur économique majeur en Afrique, avec un PIB dépassant les 628 milliards USD, la CEDEAO subit d’importantes pressions économiques. Son rôle de moteur d’intégration régionale est freiné, la croissance de la zone ayant chuté de 5,5 % en 2019 à 3,9 % en 2023. Ce recul est principalement imputable à l’instabilité politique, aux conflits armés, aux chocs climatiques et aux sanctions imposées au Mali, au Niger et au Burkina Faso, des éléments qui perturbent le commerce intra-régional et ralentissent l’investissement étranger.
“ La CEDEAO intervient aussi dans le domaine du transport. La route, ou le corridor Abidjan-Lagos, est aujourd’hui en cours de négociation avec les partenaires pour mobiliser les ressources afin de fluidifier le transport sur la côte ouest-africaine.”
Joël AHOFODJI, Responsable de la Division information et communication de la CEDEAO – Bénin
Pour faire face à ces défis, la Commission de la CEDEAO a choisi une approche à la fois collaborative et flexible, démontrant que la région peut surmonter les crises actuelles tout en restant un modèle de résilience ouest-africaine. L’Institution adapte ses stratégies et agit avec rapidité avec la mobilisation de la force régionale, la coopération avec les partenaires renforcée, et un plan d’action global déployé pour protéger les populations et restaurer la stabilité.



