Le financement de l’agriculture en Afrique s’appuie sur des investissements majeurs portés notamment par la Banque africaine de développement. À titre d’exemple, les agropoles illustrent cette dynamique de transformation du secteur agricole grâce à des projets structurants directement financés par l’institution.
Face aux sécheresses, aux inondations et à la dégradation des terres, la survie de l’agriculture africaine est en jeu. Chaque saison devient un pari incertain, alors que l’adaptation de ce secteur vital exige un effort financier colossal. Avec des besoins estimés entre 30 et 50 milliards USD par an, le continent, particulièrement exposé au changement climatique, fait face à un déficit structurel et durable de financements agricoles adaptés, ce qui limite la portée des réponses engagées.
L’Union africaine croit fermement que le financement climatique doit être équitable, conséquent et prévisible. Saisissons ce moment décisif pour réaffirmer la position sans équivoque de notre continent concernant nos obligations mondiales, tout en tenant compte de responsabilités différenciées.
Mahamoud Ali Youssouf, Président de la Commission de l’Union africaine
Le financement de l’adaptation agricole constitue ainsi une priorité pour la Banque africaine de développement (BAD). À travers son initiative emblématique, Technologies pour la transformation de l’agriculture africaine (TAAT), l’institution déploie des semences résistantes, des innovations climatiques et des formations. En moins de dix ans, plus de 13 millions d’agriculteurs en ont bénéficié, générant 25 millions de tonnes de production supplémentaire et une amélioration notable des revenus ruraux.
La vulnérabilité de nos pays membres, causée par le changement climatique, le poids de la dette et les inégalités structurelles de l’architecture financière internationale, doit être corrigée par la justice climatique.
Mahamoud Ali Youssouf, Président de la Commission de l’Union africaine
Parallèlement, pour faire face aux crises alimentaires internationales, la BAD a lancé la Facilité africaine de production alimentaire d’urgence, dotée de 1,5 milliard USD. Cette initiative a permis de soutenir des millions d’agriculteurs dans 33 pays africains grâce à la distribution de semences certifiées et d’intrants agricoles de qualité.
Nous avons besoin d’une coopération véritable pour la mise en œuvre du plan d’adaptation de notre continent, en fournissant des ressources financières, des technologies et de l’expertise.
Mahamoud Ali Youssouf, Président de la Commission de l’Union africaine
Malgré ces avancées, les besoins en capitaux demeurent considérables. Pour concrétiser les objectifs de l’Agenda 2063, l’Afrique doit impérativement accélérer la modernisation de son agriculture, investir dans des infrastructures stratégiques et renforcer ses chaînes de valeur, tout en résorbant un déficit de financement qui reste profondément structurel.