La Banque africaine d’import-export (Afreximbank) a lancé un programme de réponse à la crise du Golfe (GCRP) d’un montant de 10 milliards de dollars américains afin de protéger les économies africaines et caribéennes des répercussions de l’escalade des tensions au Moyen-Orient. Annoncée le 31 mars 2026, cette initiative fait suite à l’intensification du conflit le 28 février, qui a provoqué une forte volatilité sur les marchés mondiaux de l’énergie, des engrais et des denrées alimentaires. Selon le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale, les économies africaines dépendantes des matières premières restent très vulnérables à de tels chocs externes, les importations d’énergie et de denrées alimentaires représentant une part importante des dépenses nationales dans de nombreux pays.
La Banque africaine d’import-export (Afreximbank) a lancé un programme de 10 milliards de dollars destiné à faire face à la crise du Golfe afin de protéger les économies africaines et caribéennes contre les chocs provenant du Moyen-Orient. Ce mécanisme fournira des financements au commerce, des liquidités et un soutien à la balance des paiements pour garantir les importations essentielles et stabiliser les marchés. Selon la Banque africaine de développement, l’Afrique dépense déjà plus de 75 milliards de dollars par an en importations alimentaires, ce qui expose les économies à la hausse des prix du pétrole et des engrais, à l’aggravation des déficits et à l’inflation.
Ce programme de réponse à la crise est en parfaite adéquation avec notre ADN. Nous comprenons le fonctionnement de nos économies et les difficultés liées à ces crises passagères. Ce programme aidera les pays africains à s’adapter en douceur à la crise tout en renforçant leur résilience face aux chocs futurs grâce à des interventions qui transforment la structure de leurs économies.
Dr George Elombi(texte), Président d’Afreximbank
Afreximbank a également indiqué que le programme s’étendra aux économies de la CARICOM, dont beaucoup sont également exposées aux fluctuations mondiales des prix des matières premières et aux perturbations de la chaîne d’approvisionnement. Les petits États insulaires restent particulièrement vulnérables, en raison de leur forte dépendance vis-à-vis des importations d’énergie et de produits alimentaires. Selon l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), environ 60 % à 80 % des denrées alimentaires consommées dans les Caraïbes sont importées.
Les économies africaines dépendent des importations de toutes sortes. Le conflit dans le Golfe nous donne une occasion sérieuse de trouver des alternatives pour ne plus jamais succomber aux défaillances et aux conséquences créées par les conflits des régions pétrolières. À ce titre, Les économies africaines doivent investir dans la transformation des produits, dans la nouvelle façon de s’approprier le secteur agricole, pour que les pays, sur le plan alimentaire et sur le plan énergétique, ne dépendent plus des guerres et des conflits dans le monde.
Justin Honoré MONDOMOBE, Expert en intelligence économique
Le lancement du Programme de réponse à la crise du Golfe (GCRP) met en évidence le rôle croissant d’Afreximbank dans la réponse aux crises, démontrant sa capacité à mobiliser rapidement des capitaux afin d’atténuer les effets des chocs externes. Les économistes notent que de tels mécanismes prennent de plus en plus d’importance alors que les tensions géopolitiques continuent de perturber les chaînes d’approvisionnement mondiales et d’exercer une pression supplémentaire sur les économies en développement.



