L’Afrique fait face à une dépendance critique : plus de 80 % de ses engrais sont importés pour répondre à une consommation annuelle de 30 millions de tonnes. Cette vulnérabilité expose les agriculteurs aux fluctuations des prix mondiaux et aux crises géopolitiques, mettant en péril les semences et les récoltes. Entre construction d’usines locales et essor des engrais organiques, le continent cherche à sécuriser son approvisionnement et à rendre son agriculture plus autonome et durable.
En Afrique, plus de 80 % des engrais sont importés, rendant les agriculteurs vulnérables aux fluctuations mondiales. Avec 30 millions de tonnes consommées chaque année, les hausses de prix, amplifiées par la guerre en Ukraine et les perturbations commerciales comme autour du détroit d’Hormuz, mettent les exploitations locales sous forte pression.
On a introduit le « bulk process process » pour faire des achats groupés d’engrais. L’urée, par exemple, va en importer 120 000 tonnes. En faisant seulement du groupage, on a économisé quelque chose comme 600 millions, qui tombent dans la poche de l’agriculteur. On a aussi optimisé, renégocié les termes avec les ICS. Sur chaque tonne d’engrais NPK, on va économiser entre 5 000 et 10 000. Donc seulement avec ces innovations-là, l’économie seulement sur les achats va dépasser les 1 milliard.
Mabouba Diagne, Ministre de l’Agriculture du Sénégal
L’Éthiopie, l’un des plus grands consommateurs d’engrais en Afrique avec 2,32 millions de tonnes importées en 2024, connaît un manque d’intrants en pleine saison de plantation, poussant le gouvernement à mettre en place des solutions d’urgence pour approvisionner les agriculteurs. Des initiatives, comme la construction d’une grande usine d’engrais azotés d’une capacité annuelle de 3 millions de tonnes par Aliko Dangote, visent à développer la production locale, réduire la dépendance aux importations et améliorer l’approvisionnement.
Nous nous sommes mobilisés en réponse au challenge de la guerre qui freine l’importation d’intrants de fertilisants en Afrique. C’est ainsi que nous sommes arrivés au Zimbabwe et avons collaboré avec L’IFFM en utilisant les garanties de crédits pour un prix moyen de 4,3 millions de dollars.
Noel Ujeneza, Consultant en agriculture
Au-delà des grandes usines, l’Afrique mise de plus en plus sur des solutions agricoles durables. Le marché des engrais organiques et biofertilisants a atteint près de 287 millions de dollars en 2024 et devrait croître à 420 millions de dollars d’ici 2029, reflétant un intérêt croissant pour ces intrants adaptés aux sols africains. Ces solutions améliorent la fertilité des terres tout en réduisant l’empreinte climatique.
L’urée, un fertilisant que nous produisons, a récemment fait l’objet d’une large distribution. Au cours des derniers jours, nous avons réussi à l’exporter vers la plupart des pays africains, ce qui n’était pas le cas auparavant.
Aliko Dangote, Fondateur de Dangote Fertiliser Ltd
Pour soutenir cette transition des programmes de formation dans 19 pays africains aident agriculteurs et jeunes agritech à adopter le compostage, les engrais verts et l’agroécologie. Dans un contexte d’instabilité mondiale, les experts soulignent l’urgence pour l’Afrique de renforcer son autonomie en intrants agricoles, via des politiques ambitieuses, des infrastructures solides et des partenariats public-privé.