Au terme de l’ouverture des travaux ce 20 avril 2026 à Yaoundé, l’atelier régional sur l’état civil s’impose comme une réponse concertée aux défis persistants dans la sous-région. En Afrique centrale, près de 4 naissances sur 10 ne sont pas enregistrées, tandis que moins de 30 % des décès font l’objet d’une déclaration officielle. Réunis autour de ces enjeux, une quarantaine d’experts de la CEMAC et leurs partenaires entendent renforcer la production de données démographiques fiables.
En Afrique centrale, l’officialisation des actes d’état civil reste un défi majeur, marqué par une faible couverture des enregistrements et des inégalités territoriales persistantes. Moins de 60 % des naissances sont déclarées, tandis que certains événements, comme les décès, restent largement sous-enregistrés. Pour inverser cette tendance, une quarantaine d’experts de la CEMAC et du Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP/UNFPA) se sont réunis à Yaoundé le 20 avril 2026 afin d’élaborer un guide pratique visant à améliorer durablement les systèmes d’état civil dans la sous-région.
Nous sommes réunis pour valider le guide, le référentiel, qui va permettre de faire en sorte que le travail effectué dans chaque pays soit comparable, soit un travail conforme au référentiel que nous allons valider ensemble. Nous-mêmes, on appuie directement les pays pour pouvoir faire en sorte que le recensement soit conforme aux normes internationales, mais aussi que le système d’état civil soit mis en œuvre conformément aux normes. Et il y a aussi le côté utilisation des données.
Nicolas Beyeme Nguema, Commissaire en charge des politiques économiques, Cemac
Les travaux de Yaoundé devraient permettre de combler les lacunes persistantes dans l’enregistrement des faits d’état civil, notamment les décès, dont moins de 30 % sont officiellement déclarés dans certains pays. L’absence de données fiables freine les politiques publiques. Les participants analysent ainsi la chaîne de production statistique, de la collecte à l’exploitation, tout en promouvant la digitalisation et l’interopérabilité des systèmes nationaux.
L’UNFPA travaille aussi avec les pays, les universités, les centres de recherche, la société civile et d’autres agents des Nations Unies pour s’assurer que les données qui sont collectées puissent être traduites en informations qui peuvent être utilisées par les décideurs politiques.
Donatien Beguy, Conseiller régional en données démographiques, UNFPA
À l’issue des travaux, le guide devrait être validé comme norme régionale et adopté par les États membres. Il servira de référence pour améliorer la couverture des services d’état civil et atteindre l’objectif d’identité juridique pour tous d’ici 2030. En Afrique centrale, seuls 45 % des pays disposent actuellement de systèmes numériques intégrés, un défi majeur que cette initiative entend relever durablement.



