Alors que le tourisme mondial poursuit sa reprise avec 1,46 milliard de voyageurs internationaux enregistrés en 2024, l’Afrique confirme sa résilience en accueillant 74 millions de visiteurs, en hausse de 7 % par rapport à l’avant-pandémie. Mais malgré ces performances encourageantes, le continent ne capte encore qu’une faible part des flux mondiaux, freinée par la persistance des barrières à la libre circulation et des contraintes sécuritaires qui continuent de limiter son plein potentiel touristique.
Alors que le tourisme mondial retrouve progressivement son dynamisme après les crises récentes avec 1,46 milliard de touristes internationaux enregistrés en 2024 selon ONU Tourisme, l’Afrique affiche une résilience notable. En 2024, le continent a accueilli 74 millions de visiteurs, dépassant de 7 % ses niveaux de 2019 (pré-pandémie), soit l’une des meilleures performances régionales au monde. Cependant, l’Afrique ne capte encore qu’environ 5 % des flux mondiaux, une part qui reste disproportionnée par rapport à son immense potentiel.
“Nous partageons l’histoire, nous partageons la culture, nous partageons l’avenir et il est à notre place de commencer à imaginer un continent de frères et de soeurs qui n’a pas les limitations des barrières et des frontières et de la bureaucratie (0:34) qui empêche le mouvement des gens, des produits ou des services.”
William Ruto, Président de la République – Kenya
Malgré les ambitions affichées par l’Union africaine, notamment à travers l’élargissement progressif des dispositifs d’exemption de visas dans plusieurs pays africains, les déplacements entre États du continent demeurent souvent complexes. En 2025, si la part des voyages sans visa a atteint un niveau record de 28,2 %, les restrictions globales ont, de manière paradoxale, continué de se renforcer. Selon l’Indice d’ouverture des visas, le score moyen à l’échelle du continent a reculé à 0,445, traduisant un net ralentissement de la dynamique d’assouplissement observée ces dernières années.
“En Afrique, nous savons qu’il y a beaucoup de défis dans notre région en termes de développement du tourisme. L’aéroport est l’un des principaux défis auxquels nous sommes confrontés. Nous parlons du coût du voyage en Afrique, nous parlons de l’accessibilité de l’accès d’un point à l’autre, mais nous parlons aussi de la facilité de visa.”
Elcia Grandcourt, Directrice du Département régional pour l’Afrique à ONU Tourisme – Seychelles
D’ici 2026, le tourisme en Afrique devrait confirmer son statut de champion mondial de la croissance. Selon les projections d’ONU Tourisme, les arrivées de touristes internationaux sur le continent devraient progresser de 3 à 4 % par rapport à l’année record de 2025. À plus long terme, l’Organisation mondiale du tourisme prévoit que le monde comptera 1,8 milliard de voyageurs en 2030, et l’Afrique ambitionne de doubler sa part de marché pour atteindre 150 millions de visiteurs à cet horizon.
“Si nous avions des normes communes sur le continent, cela serait plus facile de gérer le reste du monde. Mais si nous devions y aller individuellement, je pense que la longue histoire qui a été là où l’Afrique a été exploitée pourrait revenir.”
Chiza Charles N. Chiumya, Directeur par intérim du Développement économique et du Commerce – Nigeria
Toutefois, l’un des principaux freins reste la question sécuritaire, qui pèse lourdement sur les politiques d’ouverture. Certains États redoutent une libéralisation totale des frontières dans un contexte de menaces hybrides, d’ailleurs, le Sahel reste une zone de préoccupation majeure. Selon l’Indice Mondial du Terrorisme 2024/2025, l’Afrique subsaharienne concentre désormais près de 47 % des décès liés au terrorisme dans le monde. Cette instabilité, qui touche particulièrement le bassin du lac Tchad et le Sahel central, pousse de nombreux États à maintenir des contrôles stricts