Maroc – Infrastructures : 130 milliards USD requis par an

Dans un contexte où les besoins en infrastructures en Afrique sont estimés à plus de 130 milliards de dollars par an selon la Banque africaine de développement, les États cherchent de plus en plus à mobiliser le secteur privé. Sur le continent, le financement des économies repose encore largement sur des capitaux coûteux et parfois difficiles d’accès. Le coût moyen du capital pour les projets d’infrastructures peut dépasser 10 à 15 %, un niveau jugé élevé comparé aux marchés développés. Pour répondre à ce défi, les garanties financières s’imposent comme un outil clé. Elles permettent aux institutions publiques ou multilatérales de couvrir une partie du risque, rassurant ainsi les investisseurs privés. Selon les experts de la Banque mondiale, ces mécanismes pourraient réduire significativement les taux d’intérêt et faciliter l’accès au crédit. 

“Lorsque vous disposez d’un engagement politique adéquat et d’un appui technique sur des questions spécifiques, vous pouvez constituer un portefeuille de projets. Mais je tiens à être clair : nous parlons beaucoup de préparation des projets, mais pas assez du renforcement des institutions nécessaires pour atteindre cet objectif. C’est, à mon avis, un point très important sur lequel il faudrait réfléchir. Et s’il y a un élément que je voudrais vraiment souligner, c’est le développement des marchés de capitaux.”

Makthar Diop, Directeur Général général de la Société financière internationaleSénégal

Autre levier majeur : le financement mixte, qui combine capitaux publics et privés. Dans ce modèle, les fonds publics jouent un rôle de catalyseur en absorbant une partie des risques, rendant ainsi les projets plus attractifs. D’après l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), ce type de montage représente déjà plusieurs dizaines de milliards de dollars mobilisés dans les pays en développement. Enfin, la gestion du risque de change reste un enjeu crucial. Dans un contexte de volatilité monétaire, notamment sur plusieurs devises africaines, les investisseurs cherchent des mécanismes de protection pour sécuriser leurs rendements.

“Ayant été des deux côtés de la table, je considère qu’un portefeuille solide de projets dépend fondamentalement de la capacité d’un pays à concevoir et structurer ses propres projets. Nous sommes là avant tout pour faciliter et amorcer le processus, mais je ne pense pas que la masse de projets de qualité proviendra des bailleurs venant intervenir ponctuellement ici et là. Il est essentiel de mettre en place, au niveau national, des systèmes capables de générer des projets de qualité.”

Makthar Diop, Directeur Général général de la Société financière internationaleSénégal

Ensemble, ces instruments financiers permettent non seulement de réduire le coût du capital, mais aussi de mobiliser davantage d’investissements privés vers des secteurs stratégiques tels que l’énergie, les infrastructures ou encore l’agriculture. Selon la Banque mondiale, les pays en développement auraient besoin de plusieurs milliers de milliards de dollars par an pour atteindre leurs objectifs de développement durable.

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