Afrique – Crise alimentaire :  la CEDEAO appelle à briser un cycle décennal

En Afrique de l’Ouest, l’insécurité alimentaire en Afrique de l’Ouest atteint des seuils critiques, avec des prévisions alarmantes pour l’année 2026. Selon les données les plus récentes, 53 % des 442 millions d’Ouest-Africains se retrouveront en situation d’insécurité alimentaire aiguë entre juin et août 2026. Face à ce constat sévère, Kalilou Sylla, Commissaire aux Affaires économiques et à l’Agriculture de la Commission de la CEDEAO, tire la sonnette d’alarme et plaide pour une transformation profonde du modèle agricole régional. Pour le Commissaire ivoirien, cette crise chronique qui se répète environ tous les deux ans depuis une décennie est non seulement inacceptable, mais surtout évitable. Paradoxalement, la région dispose d’un potentiel immense avec 236 millions d’hectares de terres arables, dont seulement 50 % sont actuellement exploités. L’insécurité alimentaire actuelle est exacerbée par les conflits régionaux, l’inflation persistante et une forte dépendance aux importations alimentaires. 

L’Afrique de l’Ouest fait face à une urgence alimentaire majeure, avec 53 % de sa population menacée d’insécurité aiguë entre juin et août 2026. Kalilou Sylla, Commissaire à la CEDEAO, qualifie cette situation d’inacceptable et appelle à une refonte totale du modèle agricole régional. Malgré un potentiel immense de 236 millions d’hectares de terres arables, seule la moitié est actuellement exploitée par les pays membres. La crise est alimentée par une dépendance excessive aux importations, ainsi que par l’impact dévastateur des conflits et de l’inflation. Le Commissaire plaide pour un réinvestissement massif dans les cultures vivrières locales afin de briser ce cycle de crises chroniques. Cette nouvelle orientation stratégique vise l’autosuffisance alimentaire pour protéger durablement les 442 millions d’habitants de la région.

“On a une politique agricole qui est formidable. D’ailleurs on a été primé plus de trois fois par l’Union africaine par rapport à la politique agricole que nous avons mis en place. Cette politique agricole part d’un principe simple, si nous voulons avoir une politique régionale, il faut d’abord aider les pays. Il faut d’abord nous entendre en tant que région sur les difficultés que nous avons et aider les pays à faire en sorte que chaque pays puisse avoir une politique agricole alignée avec la politique agricole régionale. C’est ce que nous avons fait pendant les 15 ans passés. Ca a donné un résultat formidable, avec la création d’une agence régionale pour l’agriculture et l’alimentation ARAA à Lomé, avec la mise en place de ce qu’on appelle nos réserves alimentaires régionales qui permet à notre région aujourd’hui quand il ya des déficits, des crises alimentaires que nous puissions réagir en tant que région. Nous sommes l’une des rares régions au monde qui à ce dispositif.” 

Kalilou Sylla, Commissaire de la CEDEAO chargé des Affaires économiques et de l’Agriculture – Côte d’Ivoire 

Malgré ces dispositifs de réaction, Kalilou Sylla souligne que l’efficacité des politiques passées a été freinée par un écosystème complexe. L’objectif est désormais d’orienter la région vers une autosuffisance réelle, notamment à travers la politique agricole régionale pour la période 2026-2035 (ECOWAP 2035)  

“Il faut indiquer qu’il n’est pas sans oublier que dans notre région , chaque deux ans il y a une crise alimentaire. Ceci n’est pas acceptable. Depuis 10 ans ,c’est la même chose. Chaque 2 ans, depuis 10 ans, nous avons une crise alimentaire en Afrique de l’Ouest. On peut aborder ces questions avec des politiques plus ambitieuses. Mais la politique agricole que nous avons eu par le passé qui a eu ce résultat, a été limitée par un écosystème. Il faut faire en sorte que l’Afrique de l’ouest notamment la CEDEAO puisse aider à mettre en place une politique  agricole qui soit pour toute l’Afrique de l’Ouest, qui inclut toutes les organisations et les pays d’Afrique de l’ouest. Parce que ce sera aussi notre mantra . “

Kalilou Sylla, Commissaire de la CEDEAO chargé des Affaires économiques et de l’Agriculture  – Côte d’Ivoire 

Cette nouvelle vision repose sur un réinvestissement massif dans la recherche sur les cultures vivrières locales comme le mil, le sorgho et le niébé. L’enjeu est de taille : l’agriculture représente 35 % du PIB régional et emploie 60 % de la population active. Pour sortir de la dépendance, la CEDEAO mise également sur des projets d’envergure, tel que le plan de 19 milliards de dollars dédié à la filière rizicole pour transformer les exploitations en industries agroalimentaires résilientes. 

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