L’énergie constitue aujourd’hui l’un des principaux leviers de la transformation économique de l’Afrique. Face à une demande croissante liée à l’industrialisation, à la croissance démographique et au développement du numérique, le continent doit accélérer la construction d’infrastructures énergétiques modernes et accessibles. Pourtant, malgré son immense potentiel en énergies renouvelables, l’Afrique reste confrontée à un déficit majeur d’accès à l’électricité et à un manque d’investissements.
Alors que les investissements n’ont atteint qu’environ 110 milliards de dollars en 2024, l’Afrique doit encore mobiliser plus de 200 milliards de dollars par an jusqu’en 2030 pour combler son déficit énergétique. L’énergie demeure un véritable défi pour le continent : le manque d’infrastructures électriques et l’accès limité à l’électricité constituent des freins majeurs à son industrialisation, alors que près de 600 millions de personnes restent privées d’électricité.
“L’histoire démontre qu’aucun pays n’a réussi à l’industrialisation soutenue, à la transformation structurelle et à la prospérité de base étroite sans systèmes énergétiques reliables. Avec la croissance de la demande en Afrique plus rapide que dans n’importe quel autre pays, dans le monde, avec les projections de base montrant que la demande triplera au cours des 20 prochaines années, avec une demande encore plus élevée projetée pour l’inclusion de l’IA.«
Damilola Ogunbiyi, Directrice générale de l’Énergie durable pour tous – Nigéria
Au-delà de l’accès à l’électricité pour les ménages, la question énergétique représente un facteur clé de compétitivité pour l’Afrique. Une alimentation électrique fiable est essentielle au développement industriel, agricole et urbain. Selon l’Indice de l’industrialisation en Afrique 2025, la valeur ajoutée manufacturière du continent a atteint près de 351 milliards de dollars.
“L’enjeu est de savoir si la prochaine génération d’Africains héritera d’économies fondées sur la consommation de biens produits ailleurs, ou si elle bâtira des économies innovantes, productives, compétitives et tournées vers l’exportation.”
Kgosientsho Ramokgopa, Ministre de l’Electricité et de l’Energie – Afrique du Sud
Pour répondre à cette urgence, les partenaires internationaux multiplient les initiatives. Lors du Sommet africain de l’énergie organisé en janvier 2025 à Dar es Salaam, en Tanzanie, les États africains et leurs partenaires ont annoncé une mobilisation de plus de 50 milliards de dollars dans le cadre de l’initiative Mission 300.
“Le monde se réorganise autour de l’énergie, des minéraux, de la technologie et de la capacité industrielle. L’Afrique ne doit pas rester à la frontière de cette réorganisation.”
Kgosientsho Ramokgopa, Ministre de l’Electricité et de l’Energie – Afrique du Sud
Cependant, le défi énergétique africain exige aussi des investissements dans les réseaux électriques et les interconnexions régionales. En Afrique de l’Ouest, un programme de 1,6 milliard de dollars approuvé par la Banque mondiale en 2025 vise à améliorer le commerce de l’électricité et la fiabilité des réseaux