Malgré deux décennies de progrès, l’Afrique reste la région la plus touchée par le VIH/sida, concentrant la majorité des personnes vivant avec le virus et des nouvelles infections. Pour atteindre l’objectif de l’Union africaine d’éliminer cette menace d’ici 2030, le Sommet extraordinaire de l’UA sur la santé s’est tenu les 21 et 22 juillet 2026 à Accra. Réunissant chefs d’État, ministres et partenaires internationaux, l’événement a mis l’accent sur l’élimination du VIH, la fin des décès maternels évitables, la lutte contre les maladies endémiques et le renforcement des systèmes de santé sur le continent.
L’Afrique reste la région la plus touchée par le VIH/sida. Malgré deux décennies de progrès, le continent concentre la majorité des infections. Éliminer cette menace d’ici 2030, selon les ODD de l’ONU, demeure un défi majeur mais réalisable. C’est dans ce cadre que s’est tenu, les 21 et 22 juillet 2026 à Accra, le Sommet extraordinaire de l’Union africaine sur la santé. Portant sur l’élimination du VIH, la fin des décès maternels évitables, la lutte contre les maladies endémiques et le renforcement des systèmes de santé, cet événement a réuni chefs d’État, ministres, partenaires et institutions sanitaires internationales.
“Cette session extraordinaire nous offre l’occasion de réaffirmer que la santé n’est pas seulement une priorité de développement, mais également un investissement stratégique dans le capital immédiat de l’Afrique, sa transformation économique et son développement durable. En ma qualité de président de l’Union africaine, j’appelle tous les États membres à adopter la déclaration d’Accra comme un engagement continental renouvelé visant à accélérer la mise en œuvre de la feuille de route de l’Union africaine à l’horizon 2030 et au-delà. Comme l’a bien souhaité aussi mon frère Dramani Mahama, que la déclaration d’Accra nous engage à renforcer le leadership politique, à accroître les investissements nationaux dans la santé, à bâtir des systèmes de santé résilients, à améliorer la redevabilité et à garantir un accès équitable à des services de santé de qualité pour chaque Africain. ”
Evariste NDAYISHIMIYE, Président de la République, Président de l’Union Africaine – Burundi
Dans un contexte marqué par la contraction des financements consacrés à la santé, les participants ont plaidé pour des investissements plus importants, une coopération renforcée et des solutions innovantes afin de consolider les acquis de la riposte au VIH.Ce sommet a permis d’évaluer les progrès accomplis, d’identifier les défis persistants et de définir les priorités stratégiques pour accélérer l’atteinte des Objectifs de développement durable en matière de santé». Pour la riposte mondiale au VIH d’ici 2030, l’ONUSIDA évalue les besoins annuels à 21,9 milliards de dollars dans les pays à revenu faible et intermédiaire, ciblant en priorité l’Afrique subsaharienne.
“Malgré une baisse de 40 % des nouvelles infections de VIH depuis 2010, l’Afrique porte le plus lourd fardeau sanitaire face au déclin des fonds externes. Santé maternelle, tuberculose, paludisme, maladies tropicales et non transmissibles forment une crise unique, aggravée par des systèmes de santé faibles et des conflits. À Bunia (Ituri), les combats propagent l’épidémie d’Ebola en entravant le traçage des contacts et en menaçant les soignants. Il faut cibler les causes profondes (conflits, pauvreté, manque d’éducation, insécurité hydrique, inégalités de genre) et prioriser la santé.”
Tedros Adhanom Ghebreyesus, Directeur général de l’OMS – Ethiopie
Les avancées médicales et l’accès élargi aux antirétroviraux permettent aujourd’hui à des millions de personnes de vivre en bonne santé tout en réduisant la transmission du VIH. Néanmoins, des obstacles majeurs subsistent : inégalités d’accès aux soins, pénuries de médicaments, manque de financement, faiblesses des systèmes de santé et crises humanitaires. De plus, la stigmatisation et les discriminations freinent le dépistage et le suivi thérapeutique, maintenant les femmes, les adolescentes et les populations exposées dans une grande vulnérabilité.
“La qualité et la rigueur des documents soumis à notre examen témoignent d’une synergie institutionnelle exemplaire dont nous devons nous féliciter et que nous devons encourager. Excellences, Mesdames et Messieurs, Chers collègues, Chers participants, notre session intervient à un moment charnière et les avancées significatives enregistrées sur le continent coexistent malheureusement avec des fragilités structurelles qui appellent à une réponse résolue et engagée. L’Afrique, qui abrite près de 17 % de la population mondiale, supporte encore 24 % du fardeau global des maladies, avec moins de 3 % des personnels de santé et à peine 1 % des dépenses sanitaires mondiales. Ces déséquilibres sont insoutenables et nous imposent un devoir d’innovation et de solidarité concrète.”
EDOUARD BIZIMANA, Ministre des Affaires étrangères – Burundi
Mettre fin au sida en Afrique d’ici 2030 ne signifie pas nécessairement éradiquer totalement le VIH, mais parvenir à contrôler durablement l’épidémie afin qu’elle ne constitue plus une menace majeure pour la santé publique. Cet objectif exige une volonté politique constante, des investissements soutenus et une mobilisation collective. Avec des actions coordonnées et équitables, l’Afrique peut accélérer les progrès et se rapprocher d’une génération libérée du sida.