Alors que le transport s’impose comme le poumon des flux d’import-export, l’Afrique de l’Est accélère sa révolution ferroviaire en 2026 grâce à un investissement massif de 10,04 milliards de dollars. Porté par la Tanzanie et soutenu par la Banque africaine de développement (BAD), le déploiement du SGR (Chemin de fer à écartement standard) redessine le Corridor central pour connecter le port stratégique de Dar es Salaam aux économies enclavées de l’Ouganda, du Rwanda, du Burundi et de la RDC. En réduisant les coûts logistiques jusqu’à 40 % et en ramenant les délais de transit de 20 jours à moins de 30 heures, ces réseaux multimodaux s’imposent comme le moteur incontournable de l’intégration régionale et du désenclavement de l’hinterland.
En Afrique de l’Est, une nouvelle bataille logistique se joue sur les rails. La Tanzanie mise sur le SGR, son chemin de fer à écartement standard, pour transformer le Corridor central en véritable artère commerciale régionale. Un chantier colossal de 10,04 milliards de dollars, destiné à relier le port de Dar es Salaam, où un record de 33,7 millions de tonnes de fret a été traité en 2025/2026, aux marchés de l’Ouganda, du Rwanda, du Burundi et de la RDC. À terme, les 2 561 kilomètres de voies doivent réduire les coûts de transport de 20 à 40 % et raccourcir fortement les délais d’acheminement.
« Le Corridor Central est une institution de gestion des corridors formée par sept pays. (0:17) Nous avons été créés en 2006 et notre siège social est basé à Dar es Salaam. (0:23) Le Corridor Central est unique parce qu’il opère au sein de trois blocs économiques régionaux. (0:33) Il y a la Communauté d’Afrique de l’Est, la SADC et le COMESA. (0:40) Nous opérons là-bas, en lien avec les pays qui sont à l’intersection de ces trois blocs. »
Flory Okandju Okonge, Secrétaire exécutif du CCTTFA – RD Congo
Derrière cette stratégie, un objectif : rapprocher l’océan Indien de l’hinterland. Sur certains axes, les temps de trajet pourraient passer de 20 jours à moins de 30 heures, tout en soulageant des routes saturées. Le 20 juillet 2026, la présidente Samia Suluhu Hassan a lancé à Kigoma les travaux du tronçon Tabora-Kigoma : 506 kilomètres pour un investissement de 2,2 milliards de dollars. Une liaison stratégique qui doit pousser le rail jusqu’aux rives du lac Tanganyika et renforcer les échanges avec le Burundi et la RDC.
« Comme je l’ai dit, nous sommes uniques en tant que région. (1:07) Parce que dans notre région, vous avez trois systèmes de chemins de fer. (1:12) Vous avez la voie métrique, la voie du Cap et la SGR. (1:16) Le nouveau système ferroviaire du Corridor Central est la Standard Gauge Railway (SGR). (1:29) Il connecte la Tanzanie et le Burundi jusqu’à Kindu en RDC. (1:36) Nous avons aussi la MGR qui connecte Dar es Salaam et Kigoma jusqu’à Mwanza. »
Flory Okandju Okonge, Secrétaire exécutif du CCTTFA – RD Congo
Autre pièce du puzzle : la connexion avec l’Ouganda. Le 13 mars 2026, Kampala et Dodoma ont signé un protocole d’accord pour une liaison ferroviaire transfrontalière de plus de 600 kilomètres, depuis Isaka jusqu’à Mpondwe, à la frontière congolaise. Soutenu par la Banque africaine de développement, le projet doit offrir au fret ougandais un accès plus direct au port de Dar es Salaam, sur fond d’échanges bilatéraux atteignant 2,23 milliards de dollars.
« Nous avons aussi la TAZARA qui fonctionne. (2:11) Nous avons la voie du Cap, la voie métrique et la SGR. (2:15) Mais en même temps, c’est pour cela que j’ai dit hier que l’innovation devrait nous aider à transporter le fret dans le corridor. »
Flory Okandju Okonge, Secrétaire exécutif du CCTTFA – RD Congo
Pour les économies enclavées d’Afrique de l’Est, l’enjeu dépasse donc la seule construction de voies ferrées. Il s’agit de sécuriser les chaînes d’approvisionnement et de multiplier les accès aux marchés mondiaux. L’Agence de facilitation des transports de transit du corridor central (CCTTFA) mise ainsi sur l’articulation entre rail, routes et voies fluviales. Un maillage appelé à redessiner les corridors commerciaux de la région et à renforcer, sur le long terme, l’intégration économique de l’hinterland est-africain.