À l’ONU, le Maroc appelle à repenser la lutte contre les groupes armés non étatiques. Le ministre Nasser Bourita alerte sur l’affaiblissement des mécanismes internationaux de prévention des crises. Une menace qui prend de l’ampleur, notamment en Afrique et dans le Sahel.
Devant l’Assemblée générale de l’ONU le 22 septembre 2026, le ministre marocain des Affaires étrangères de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, Nasser Bourita, a appelé à la révision des priorités internationales face à l’évolution des conflits. Il a notamment alerté sur la progression des groupes armés non étatiques et les difficultés des institutions internationales à prévenir et gérer les crises. Le ministre Nasser Bourita a également réaffirmé l’appel de Rabat à une réforme globale de l’ONU, y compris du Conseil de sécurité. Cette réforme devrait, selon lui, adapter l’Organisation aux mutations géopolitiques actuelles et permettre à l’Afrique d’occuper une place à la hauteur de son poids et de participer davantage aux décisions internationales.
Le rôle des groupes armés non étatiques qui menacent la paix et la sécurité des Etats s’est considérablement accru. De fait, ces groupes essaient maintenant de contrôler les voies maritimes et les détroits stratégiques mettant ainsi en péril la liberté de navigation. Ils prennent également pour cible les installations d’un certain nombre de pays.
Nasser Bourita, Ministre des Affaires étrangères
L’ampleur du phénomène inquiète : selon l’ONU, plus de 200 millions de personnes vivent dans des zones contrôlées ou disputées par des groupes armés. En 2025, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) recensait 383 groupes armés présentant un intérêt humanitaire dans plus de 60 pays, dont plus de 130 parties à des conflits armés. En Afrique, le Sahel reste particulièrement touché, avec près de 9 826 décès liés aux violences de groupes islamistes militants en 2025. Des chiffres qui soulignent la nécessité d’aller au-delà de la réponse militaire, en renforçant la prévention, la gouvernance, le contrôle des frontières et les institutions.
Ces chiffres montrent l’ampleur de la propagation de la prolifération des groupes dans un monde qui ces dernières années est devenu moins stable et moins sûr. Des sanctions dissuasives doivent être imposées à ces groupes et à ceux qui les soutiennent et qui les financent, qui leur apportent quelque forme d’assistance que ce soit, ils doivent rendre compte.
Nasser Bourita, Ministre des Affaires étrangères
Pour le ministre Nasser Bourita, cette transformation des conflits impose donc une adaptation du système multilatéral. La réponse ne pourrait se limiter aux opérations militaires : elle doit également renforcer les institutions, la gouvernance et la prévention des conflits. Un enjeu particulièrement important pour le Sahel et plusieurs régions africaines confrontées à l’implantation durable de groupes armés.



