À l’occasion de la 81e session de l’Assemblée générale des Nations unies, qui s’est déroulée à New York du 22 au 28 septembre 2026, les dirigeants africains ont réitéré leur exigence d’une gouvernance internationale plus inclusive et équitable. Ils ont ainsi plébiscité une refonte en profondeur du Conseil de sécurité de l’ONU pour accorder au continent une présence permanente, en adéquation avec les impératifs politiques, démographiques et économiques du XXIᵉ siècle.
L’Afrique entend faire entendre davantage sa voix dans les instances où se prennent les grandes décisions internationales. La réforme du système multilatéral s’impose ainsi au cœur des débats. Avec ses 54 États membres, le continent ne dispose toujours d’aucun siège permanent au Conseil de sécurité de l’ONU, alors qu’il est directement concerné par de nombreuses crises examinées par cette instance. Pour l’Union africaine, l’enjeu est de corriger cette sous-représentation et de permettre au continent de participer pleinement aux décisions relatives à la paix et à la sécurité internationales. Le président burundais et président en exercice de l’UA, Évariste Ndayishimiye appelle à renforcer la représentation de l’Afrique au sein des institutions internationales et à consolider le partenariat entre l’Union africaine et les Nations unies.
“ En tant qu’Africain et en tant que voix de l’Afrique, à ce moment où j’assume la présidence tournante de l’Union africaine, je dois également déclarer ce qui suit : Nous sommes ici pour exprimer une conviction : l’Afrique doit être davantage écoutée. Elle doit être mieux représentée et être plus étroitement associée aux décisions qui façonnent l’avenir de notre planète.”
Évariste Ndayishimiye, Président de l’Union africaine – Burundi
La réorganisation du Conseil de sécurité demeure la revendication prioritaire de l’Afrique. S’appuyant sur le Consensus d’Ezulwini et la Déclaration de Syrte adoptés en 2005, l’Union africaine soutient fermement cette position unifiée depuis plus de deux décennies. L’organisation exige l’attribution d’au moins deux sièges permanents dotés de l’ensemble des prérogatives, y compris le droit de veto s’il est maintenu, en plus de cinq sièges non permanents pour le continent.
« L’Afrique doit bénéficier d’une représentation permanente au Conseil de sécurité des Nations unies, assortie de l’ensemble des droits et responsabilités. Il est impossible de défendre de manière crédible l’égalité souveraine des nations tout en maintenant une structure de gouvernance mondiale élaborée pour les réalités géopolitiques de l’après-guerre. Monsieur le Président, la sécurité de l’Afrique repose sur le respect mutuel. »
John Dramani Mahama, Président de la République – Ghana
L’Union africaine milite ainsi pour un multilatéralisme plus juste, représentatif et performant, tout en exigeant une présence africaine renforcée au sein des grandes institutions financières internationales.
« Mon pays réaffirme à nouveau son soutien à une réforme ambitieuse du Conseil de Sécurité, afin d’assurer à l’Afrique une représentation permanente au sein de cet important organe dont les décisions affectent directement notre paix et notre sécurité. »
Tiémoko Meyliet Koné, Vice-président de la République – Côte d’Ivoire
Composé de 15 membres, le Conseil de sécurité ne compte actuellement aucun représentant permanent issu du continent africain, la République démocratique du Congo, le Liberia et la Somalie n’occupant que des sièges non permanents. Face à cette situation, l’Union africaine revendique la prérogative de désigner directement les nations africaines appelées à siéger de manière permanente.