La Banque africaine de développement appelle à renforcer le système financier pour accompagner durablement la transformation économique. Dans son Rapport pays 2026, l’institution préconise une meilleure mobilisation des ressources intérieures et une diversification des sources de financement, alors que les besoins de développement restent importants.
La Banque africaine de développement recommande de renforcer le système financier et de diversifier les sources de financement pour soutenir durablement les priorités de développement. Selon son Rapport pays 2026, les besoins de financement sont estimés à 8,6 milliards de dollars par an, soit 81,3 % du PIB de 2024, pour atteindre les Objectifs de développement durable à l’horizon 2030.
Une économie résiliente et moderne, à l’image de celle de la Mauritanie, doit se doter d’outils financiers avancés pour soutenir sa croissance. Cela passe notamment par des instruments numériques capables d’optimiser la collecte des recettes fiscales. Il est ainsi indispensable de moderniser l’économie mauritanienne en numérisant les services fiscaux et en améliorant l’ensemble du système financier, y compris les secteurs bancaire et de l’assurance, ainsi que les services douaniers. Enfin, il convient d’accélérer l’opérationnalisation de la bourse des valeurs, à savoir la bourse de Nouakchott.
KERWIN MAYIZO, Analyste politique
Malgré ces besoins, l’économie affiche une certaine résilience. La croissance a atteint 4,0 % en 2025, contre 6,3 % en 2024, en raison notamment de la contraction du secteur extractif. Les perspectives restent favorables, avec une croissance projetée à 4,4 % en 2026 et 4,7 % en 2027, portée notamment par l’entrée en production du gaz et la progression des secteurs de l’agriculture, de la pêche, des bâtiments et travaux publics et des services.
Après le développement des services, il convient d’en numériser la gestion fiscale, de formaliser l’économie informelle et de déployer une politique ambitieuse de grands travaux d’infrastructures ayant un impact direct sur le secteur tertiaire. Enfin, il est primordial d’explorer les opportunités du développement durable liées aux enjeux du changement climatique.
KERWIN MAYIZO, Analyste politique
Pour consolider cette dynamique, la BAD préconise d’élargir l’assiette fiscale, de formaliser progressivement le secteur informel et d’accélérer la numérisation de l’administration. L’institution encourage également l’approfondissement du système financier, notamment à travers l’opérationnalisation de la Bourse de Nouakchott, le renforcement du Fonds de garantie et la poursuite des réformes réglementaires et institutionnelles.



