Au Burkina Faso, à une cinquantaine de kilomètres de Ouagadougou, la brousse sahélienne abrite un trésor artistique unique sur le continent : le site de Laongo. Depuis près de 40 ans, ce sanctuaire de granit accueille des sculpteurs du monde entier qui gravent leurs messages et leurs cultures à même la roche. Un chef-d’œuvre à ciel ouvert, symbole de résilience culturelle. reportage de notre correspondant à Ouagadougou.
Niché au cœur de la savane, à une cinquantaine de kilomètres de Ouagadougou au Burkina Faso, le site de Laongo abrite un véritable trésor minéral. Dans ce décor naturel, le granit prend vie sous les ciseaux des sculpteurs. Depuis près de quatre décennies, cette étendue sauvage s’impose comme une galerie d’art monumentale majeure sur le continent africain. Imaginé en 1989 par le renommé sculpteur burkinabè Siriki Ky, ce havre artistique d’exception accueille périodiquement des créateurs venus du monde entier. Dans ce cadre sauvage, ces virtuoses façonnent d’imposants blocs granitiques. Sanctuaire libre de toute contrainte, cet espace offre une symbiose brute entre la création et l’environnement naturel.
Il y a eu 14 éditions déjà, et chaque édition a vu sa particularité, des œuvres originales, plus ou moins. On ne peut pas dire que les années, les symbolismes se suivent, elles se ressemblent, puisqu’il y a différents artistes qui viennent de tous les coins du monde, chacun a son style, chacun a sa manière de voir et voilà, il y a plusieurs propos sur le site.
Siriki Ky, Sculpteur et fondateur du site de Laongo
Au fil des années, le site d’exposition de Laongo s’est affirmé comme un véritable joyau du patrimoine touristique national. En dépit de la situation sécuritaire complexe et du contexte économique difficile du pays, ce havre minéral captive toujours les passionnés d’art contemporain et les visiteurs. Véritable sanctuaire d’histoire et d’héritage collectif, chaque œuvre gravée célèbre la tolérance, la quête spirituelle et les réalités du monde africain.
L’artiste KY Siriki a eu l’initiative de venir avec d’autres artistes qui sont venus du monde entier et sculpter la pierre à l’arbre. Celle-là est une œuvre réalisée en 2003 par un artiste français, il s’appelle Kikito Osuki Aladin, et il s’agit du retour vers la lumière, c’est ça la lumière. Maintenant, à mesure que ces personnages-là sont en train de monter, vous allez remarquer qu’ils diminuent de taille et ils changent également de couleur, donc c’est pour dire que toute recherche de vérité n’est pas facile. Au départ, on croit qu’on peut tout, on est grand, on est fort, on est orgueilleux,mais à mesure qu’on s’approche de la vérité, on se rend compte qu’on est ennemi, donc on devient de plus en plus humble, et peut-être même on finira par décrocher.
Issaka TAPSOBA, Guide touristique
En dépit des obstacles qui frappent l’industrie du tourisme au Sahel, ce sanctuaire minéral s’impose en véritable bastion de la résistance artistique. Il témoigne de l’indomptable résilience du Burkina Faso, prêt à sculpter un nouveau chapitre de son patrimoine. Ainsi, la 15ème session du Symposium international de sculpture sur granite de Laongo battra son plein du 2 au 23 novembre 2026. Ce rendez-vous majeur offrira de nouveau l’opportunité à d’ éminents plasticiens internationaux de dompter la pierre, affirmant haut et fort la puissance inaltérable de la création.



