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Afrique : 90% des emplois portés par le secteur privé

Face aux défis économiques du continent, le secteur privé apparaît comme un acteur incontournable du développement de l’Afrique. Créateur d’emplois et contributeur majeur aux recettes publiques, il représente, selon la Banque africaine de développement, près de 90 % des emplois et plus de 80 % des recettes publiques. Mais entre déficit d’infrastructures, coût élevé de l’énergie et difficultés logistiques, les entreprises restent confrontées à de nombreux obstacles. 

Le secteur privé s’impose comme le principal moteur du développement économique et du marché de l’emploi sur le continent africain. Les données de la Banque africaine de développement indiquent qu’il représente environ 90 % des emplois tout en fournissant plus de 80 % des recettes fiscales des États. Afin de redynamiser le tissu économique sénégalais, les autorités prévoient de résorber la dette intérieure, évaluée à près de 2 000 milliards de francs CFA, de lever les obstacles structurels et de rendre le cadre des affaires plus attractif. À cette fin, un montant de 300 milliards de francs CFA sera débloqué d’ici la fin de l’année, la suite du règlement devant s’échelonner sur les exercices 2027 et 2028.

“ Nous avons compris à travers la communication du Premier ministre que 300 milliards vont être décaissés avant la fin de l’année, avec aussi un étalement sur deux autres années, 2027 et 2028. Pour être honnête, ce sera insoutenable.”

Ousmane Mbaye,Président du syndicat professionnel des industries  – Sénégal 

Toutefois, le secteur privé reste freiné par le déficit d’infrastructures, le coût de l’énergie et les difficultés logistiques. Au Sénégal, l’UNACOIS et les organisations du transport et de la logistique dénoncent une concurrence étrangère jugée déloyale, liée notamment aux importations de produits subventionnés et sous-facturés ainsi qu’aux avantages accordés à certaines multinationales. Selon ces acteurs, ces pratiques fragilisent les entreprises locales, menacent les emplois et nuisent à la compétitivité nationale.

“Ce que nous vivons au quotidien, à savoir l’invention de produits subventionnés et sous-facturés, donc des conteneurs entiers qui entrent sur le marché national en défiant toute concurrence loyale. Nos industries ferment les unes après les autres. C’est ensuite des positions dominantes écrasantes. Certains grands groupes étrangers bénéficient d’avantages fiscaux, fonciers et logistiques exorbitants, non accessibles aux PME sénégalaises.”

Ousmane Sy Ndiaye, Directeur exécutif de l’UNACOIS  – Sénégal 

Au sein de la Confédération des États du Sahel (AES), le secteur privé est appelé à renforcer la souveraineté économique par la production locale. Les échanges entre les trois pays sont estimés à 351,6 milliards de francs CFA, soit 17,9 % des échanges commerciaux, contre plus de 60 % dans certaines zones intégrées. La diversification industrielle apparaît donc essentielle pour dynamiser le commerce régional. 

“ La faiblesse des échanges commerciaux ne peut être corrigée sans la diversification de la production au sein de la Confédération afin d’accroître les échanges commerciaux intracommunautaires.”

Abdoulaye Maïga – Mali 

Au-delà des retombées fiscales et productives, le secteur privé est un véritable catalyseur de progrès social et économique. Pour l’Afrique, l’enjeu majeur réside désormais dans la transformation des ressources locales, l’accélération de l’intégration régionale et l’insertion professionnelle pérenne, afin d’inscrire l’entrepreneuriat au cœur d’une croissance partagée.

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