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African Union Journal – Interview : Josefa SACKO, Commissaire à l’économie rurale et à l’agriculture de la Commission de l’Union Africaine

African Union Journal : Josefa Sacko est la commissaire à l’économie rurale et à l’agriculture de la Commission de l’Union Africaine. Dans cet entretien exclusif accordé à Africa24, elle s’exprime sur les progrès réalisés en matière de changement climatique en Afrique et sur le développement d’une agriculture durable sur le continent.

1- Depuis la dernière conférence des Nations Unies sur le changement climatique qui s’est tenue en Écosse en 2021, quels progrès ont été réalisés en matière de changement climatique en Afrique ?

Je tiens à vous remercier pour cette interview qui permet à mon département de partager avec le public ce que nous avons réalisé en matière d’action climatique. En novembre 2021, nous avons adopté le Pacte de Glasgow pour le climat. Avec cette initiative, je pense que nos pays membres ainsi que les ministres de l’Environnement, font actuellement le débriefing au niveau national avec les parties prenantes, afin de booster les plans et les résultats du Pacte de Glasgow pour le climat. Une fois le débriefing fait avec la Société civile et les parties prenantes, nous pensons que la mise en œuvre des résolutions sur les actions climatiques se fera correctement.

2- La Semaine africaine du climat s’est tenue en novembre 2021. Une rencontre qui visait, entre autres, à renforcer la contribution des États pour accélérer leur résilience climatique. Où en sommes-nous des mesures prises dans ce sens ?

La Commission de l’Union Africaine, à travers mon département, a participé à l’organisation de cet événement qui a été accueilli par le gouvernement de la République d’Ouganda, en collaboration avec différents partenaires impliqués dans cette action. Le forum a fourni une plate-forme pour le partage d’expériences entre les États membres et les programmes réussis sur le continent. Il y a beaucoup de programmes réussis sur le continent et si vous n’avez pas de plate-forme d’échange de connaissances et d’expériences, vous n’irez nulle part. Une autre étape importante issue de cette Semaine africaine du climat, nous pensons que les participants des États membres et la communauté climatique sont en mesure de tirer profit des opportunités de financement existantes présentées lors de la session sur l’adaptation. Nous avons besoin de financements pour véritablement répondre à l’accord de Paris de 2015. Jusqu’à présent, nous ne parvenons pas à mettre en œuvre notre contribution déterminée au niveau national (CDN) donc c’est l’occasion pour nous de nous adresser aux institutions de financement qui étaient présentes, pour voir comment l’Afrique peut bénéficier de financer ses propres CDN, afin de réduire les émissions sur le continent.

3- Les fonds pour le changement climatique dirigés vers l’Afrique sont insuffisants. Les experts suggèrent de recourir à des financements innovants, notamment axés sur les énergies renouvelables. Quelle politique l’Union africaine, propose-t-elle à cet égard ?

La question du financement est un véritable problème, mais dans notre département, nous avons élaboré la stratégie de mobilisation des ressources. Vous devez avoir une stratégie de mobilisation des ressources, car sans cette stratégie, vous ne pouvez avoir accès à ces fonds. Chaque institution de financement a son profil de présentation d’un projet bancable.

4- Les partenaires de développement de l’Afrique ont promis de soutenir le continent avec un financement de 100 milliards de dollars pour relever le défi de la résilience au changement climatique. Cependant, les observateurs souhaitent que ces fonds soient disponibles au plus tard en 2025. Cette promesse, pourrait-elle vraiment se réaliser ?

Nous sommes toujours en négociation. C’est pourquoi nous avons organisé la conférence sur le changement climatique. Nos partenaires du monde industrialisé se sont engagés à verser 100 milliards de dollars pour soutenir l’action climatique de l’Afrique. Nous leur demandons d’honorer leur promesse, de mettre leur promesse en action, et ces actions peuvent être transformées en programmes afin que nous puissions mettre en œuvre nos initiatives telles que celles liées a l’adaptation que nous proposons pour contribuer à réduire les émissions et renforcer l’économie verte.

5- La sécheresse fait actuellement des ravages dans la Corne de l’Afrique. Au vu de cette situation, comment l’Union africaine envisage-t-elle de faire avancer l’agenda africain sur l’eau et l’assainissement en termes de mise en œuvre des engagements de Charm el-Cheikh ?

Nous avons beaucoup de défis à relever en ce qui concerne l’eau et l’assainissement sur le continent. Dans mon département, nous avons une stratégie africaine que nous appelons stratégie 2025 pour l’eau et l’assainissement. Jusqu’à présent, depuis mes cinq années de service dans ce département, nous n’avons pas été en mesure de mettre en œuvre cette stratégie. Je saisis cette occasion pour appeler nos États membres à considérer la question de la sécheresse et du stress hydrique comme étant très urgente, car ce sont des sources de conflits, d’immigration et autres. L’eau est vraiment un problème critique auquel nous devons nous attaquer. Nous avons coopéré avec le conseiller ministériel pour l’eau afin de faire le plaidoyer dans la mise en œuvre de notre engagement Charm el-Cheikh de 2008 sur l’eau et l’assainissement au niveau de la communauté régionale et également avec les États membres au niveau national. Nous essayons aussi d’améliorer et de renforcer le Réseau Africain des Organismes de Bassin. En Afrique, on crée des organisations, mais on ne s’approprie pas. En effet, même le personnel travaillant dans ces organisations est tenu de défendre les agendas des autres. Ce n’est pas l’Afrique que nous voulons. Nous voulons le panafricanisme et une renaissance de notre continent. Il y a beaucoup de choses dont nous sommes responsables, comme l’eau. C’est un droit universel. L’eau, c’est la vie, mais les réalisations dans ce sens restent peu satisfaisantes. Je pense que pour la première fois en mars, nous allons avoir une conférence sur l’eau et que toutes ces questions seront abordées. Nous devons nous assurer que nos chefs d’État obtiennent des engagements politiques sur la résolution du problème de l’eau. Quand vous regardez le Lac Tchad, il se rétrécit. Pendant ce temps, de nombreux pays, environ 6 à 8 d’entre eux tirent leurs ressources en eau de ce lac. Nous devons donc apporter une solution. Quand vous regardez également la région de l’Afrique australe, la SADC, la Namibie, l’Afrique du Sud, le Botswana, même dans les régions du Sud de l’Angola, nous observons une sécheresse et un stress hydrique. Ce sont des problèmes qui nécessitent une collaboration pour apporter des solutions. Nous avons de bonnes solutions parce que nous avons de grands fleuves comme le fleuve Congo. Il a la capacité de pomper l’eau dans toutes ces zones à travers des oléoducs, par exemple, vers la Namibie, afin qu’elle puisse avoir accès à l’eau. Même le Lac Tchad, nous devons y pomper de l’eau, afin que tous les pays environnants qui tirent leur subsistance du lac puissent avoir accès aux ressources en eau. Nous y travaillons, mais cela demande aussi la volonté politique de nos dirigeants.

6- La contribution au niveau national des États est un enjeu crucial pour l’Union Africaine dans la lutte pour la résilience climatique en Afrique. Comment AFRICA24, peut-elle soutenir l’organisation panafricaine pour relever ce défi ?

Je remercie AFRICA24 de m’avoir invité. À travers la chaîne, j’ai la possibilité de sensibiliser sur l’importance de la notion du changement climatique. Le changement climatique est une réalité. Nous ne pouvons pas suivre les États-Unis pour notre action climatique. Nous avons notre propre responsabilité. Quand vous regardez les potentiels que nous avons dans le bassin du Congo, la forêt par exemple, nous ne contribuons pas à polluer, mais nous contribuons à maintenir la planète en vie. Soyons plus ambitieux et mettons un prix pour la séquestration du carbone que nous faisons à travers le bassin du fleuve Congo. Il est très important que ce type de discussion se tienne en public, afin que nous puissions mobiliser et éduquer nos citoyens, dans le but d’obtenir un environnement vert. Lorsque nous regardons l’économie bleue, nous avons un environnement bleu. C’est l’Afrique que nous voulons. Cela nous permettra d’avoir un environnement résilient et durable pour la prochaine génération.

7- Quelles stratégies l’Afrique peut-elle mettre en place pour mieux contrer le changement climatique ?

Nous venons de lancer la stratégie de développement de la résilience au changement climatique de l’Union africaine. Elle n’existait pas auparavant. Nous avons des contributions déterminées au niveau national (CDN), mais ce ne sont que des engagements. Si nous mettons en œuvre cette stratégie comme voie à suivre, nous aiderons nos États membres à intégrer cet outil dans leurs propres programmes de développement climatique, afin que nous soyons tous sur la même page et que nous travaillions tous pour sauver la planète, construire un environnement résilient et durable à l’échelle mondiale.

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