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Afrique : 1 300 milliards USD à mobiliser par an pour atteindre les objectifs de développement durable

Le financement du développement demeure l’un des principaux défis auxquels l’Afrique est confrontée. Dans un contexte international marqué par les tensions géopolitiques, le renchérissement du coût de la dette et la raréfaction des financements concessionnels, les États africains sont appelés à repenser leurs stratégies pour soutenir durablement leur croissance économique et sociale.

Selon les estimations des institutions financières africaines, le continent doit mobiliser plus de 1 300 milliards de dollars par an afin de répondre à ses besoins en infrastructures, en énergie, en agriculture, en santé, en éducation ceci, dans le but d’atteindre les objectifs de développement durable.

« L’Afrique a besoin chaque année de 130 à 170 milliards de dollars pour répondre à ses besoins en infrastructures, avec un déficit de financement estimé entre 68 et 108 milliards de dollars par an. Le continent offre certaines des plus grandes opportunités d’investissement au monde dans l’énergie, la logistique, les infrastructures numériques, les systèmes alimentaires et les minéraux critiques. Pourtant, l’Afrique ne reçoit que moins de 1 % des flux d’investissements directs étrangers. »

SIDI OULD TAH, Président de la Banque africaine de développementMauritanie 

Face à la baisse des ressources extérieures, de nombreux pays africains misent davantage sur leurs capacités internes. Réformes fiscales, amélioration de la gouvernance publique, modernisation des systèmes financiers et développement des marchés de capitaux figurent parmi les leviers privilégiés pour accroître la mobilisation des ressources domestiques.

Les experts estiment d’ailleurs que l’Afrique dispose d’un important potentiel de financement interne. Grâce à des politiques adaptées et à une meilleure valorisation de ses ressources, le continent pourrait mobiliser plus de 1 400 milliards de dollars par an. Une dynamique déjà perceptible à travers les investissements engagés dans les infrastructures, l’énergie, le numérique, l’agriculture et les projets d’intégration régionale.

« Comme vous le savez, le continent dispose d’une ressource naturelle abondante, mais il ne s’agit plus de les exporter à l’état brut, il s’agit de les transformer. Et c’est tout le sens de la mobilisation à grande échelle des capitaux privés, et aussi c’est le sens du développement des mécanismes d’atténuation du risque pour que les investissements à grande échelle puissent s’effectuer en Afrique, ce qui permettra de mobiliser davantage de ressources pour le continent afin de transformer les matières premières africaines, sud du sol africain. »

SIDI OULD TAH, Président de la Banque africaine de développementMauritanie 

Au-delà des ressources financières, l’Afrique entend également s’appuyer sur ses nombreux atouts naturels. Le continent concentre une part importante des terres arables encore disponibles dans le monde, d’importantes réserves de minerais stratégiques indispensables à la transition énergétique et un potentiel considérable en énergies renouvelables.

« Pour mobiliser davantage l’épargne africaine et les capitaux internationaux au service de projets structurants, il nous faut approfondir nos marchés financiers, renforcer nos institutions régionales, développer des instruments de garantie, de partage des risques et de financement mixte. »

DENIS SASSOU-NGUESSO, Président de la RépubliqueCongo

Pour de nombreux observateurs, l’enjeu est désormais de transformer ces richesses en valeur ajoutée locale, en emplois et en croissance inclusive. Car le financement du développement ne repose pas uniquement sur la mobilisation de capitaux, mais aussi sur la capacité des économies africaines à créer davantage de richesse, à renforcer leur résilience et à accélérer leur transformation structurelle.

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