Pour les fondateurs de startups technologiques africaines, la « sortie » reste possible, mais elle passe désormais surtout par les fusions-acquisitions, les introductions en bourse étant quasi inexistantes. Entre 2023 et 2025, plus de 100 sorties ont été enregistrées, illustrant un changement profond du marché. Cette dynamique ne se limite pas à la finance.
Le marché des start-ups africaines se transforme. Les introductions en bourse se font rares et les fusions-acquisitions locales deviennent la norme. Entre 2023 et 2025, plus de 100 entreprises ont été cédées à des banques, télécoms, assureurs et fonds régionaux. Face à la rareté des financements avancés et à une reprise timide de l’amorçage, les fondateurs privilégient des sorties modestes, alimentées par la pression des investisseurs et le besoin de liquidités.
“Les secteurs de l’innovation font toute la différence. La raison pour laquelle l’Afrique est en retard, c’est parce que l’Afrique ne met pas son argent. Vous savez, même lorsqu’ on parle de deux, trois, quatre milliards de dollars qui sont investis dans les start-up africaines. Eh bien, regardez, c’est de l’argent américain. C’est de l’argent chinois. Et c’est ça le vrai problème. La différence viendra le jour où l’Afrique elle-même va décider d’investir de l’argent dans le risque qu’il y a à prendre sur des innovations.”
Al KITENGE, Économiste – RD Congo
Après un pic historique de 3,3 milliards de dollars investis dans les start-ups africaines en 2022, les montants ont dégringolé d’environ 28 % en 2023, pour s’établir à 2,4 milliards. Si les prévisions pour 2024-2025 indiquent une stabilisation autour de 2 à 3 milliards de dollars par an, l’époque des levées de fonds colossales et spectaculaires est désormais révolue.
“C’est d’ailleurs pour ça que la plupart d’innovations qui sont portées par les startups africaines ne résolvent pas les problèmes naturellement, africains résolvent des problèmes globaux, et c’est à partir du moment où les Américains se rendent compte qu’ils peuvent tirer profit de cette innovation, qu’ils y mettent de l’argent. Et bien entendu, quand ils y mettent de l’argent, ils en prennent le contrôle. Et il est important que l’Afrique comprenne que si vous désirez réellement pousser vos startups, si vous désirez pousser l’innovation dans votre continent, si vous désirez résoudre vos problèmes de manière la plus compétitive, il faut mettre de l’argent.”
Al KITENGE, Économiste – RD Congo
Cette situation exerce une pression particulière sur les startups fondées entre 2015 et 2019, plus matures et aux besoins de liquidité plus importants. En conséquence, 63 sorties ont été recensées en 2024, soit près de 50 % de plus que l’année précédente, marquant un nombre record de fusions-acquisitions, en particulier dans le secteur de la fintech.



