Face aux crises successives qui fragilisent les économies africaines, la question du financement devient stratégique. Entre chocs énergétiques, tensions alimentaires, endettement et ralentissement des investissements, les pays du continent cherchent de nouveaux leviers pour soutenir leur croissance et renforcer leur autonomie économique.
Réunis autour de la question de la résilience commerciale africaine dans un environnement mondial multipolaire, les acteurs financiers et institutionnels appellent à une meilleure orientation des ressources vers les secteurs créateurs d’emplois et de valeur ajoutée. L’objectif : transformer la croissance économique du continent en opportunités concrètes pour les populations et le secteur privé.
“Lorsqu’on mobilise plus de ressources à travers l’architecture, nous devons nous assurer que les secteurs dans lesquels ces ressources sont investies sont des secteurs qui créent suffisamment d’emplois sur le continent.”
Didier Acouetey, Conseiller supérieur du président sur le secteur privé auprès de la Banque Africaine de Développement / Senior Advisor to the President on the Private Sector at the African Development Bank – Togo / Togo
Les économies africaines restent fragilisées par les chocs mondiaux. Selon la Banque mondiale, la croissance de l’Afrique subsaharienne devrait atteindre 3,8 % en 2025, mais reste insuffisante face au défi de l’emploi. Pour renforcer leur résilience, les pays misent sur la diversification des financements, notamment les ressources internes, l’investissement privé et des mécanismes alternatifs comme la finance islamique.
“Nous pouvons travailler directement avec les gouvernements pour traiter rapidement le décaissement d’opérations pour faire face à toute crise d’urgence. Si besoin est, nous pouvons mobiliser des développements de projets à long terme. Cela pourrait être des opérations, des projets ou d’autres opérations d’investissement.”
Dr Andrew Dabalen, Économiste en chef pour la région Afrique à la Banque mondiale / Chief Economist for the Africa Region at the World Bank – Kenya
Ces nouveaux instruments financiers doivent permettre aux États africains de mieux répondre aux crises et de soutenir les secteurs stratégiques comme les infrastructures, l’énergie et l’agriculture. En 2025, la Banque islamique de développement a porté ses approbations de financement à près de 16 milliards de dollars, contre 6,8 milliards en 2020, avec environ 11 milliards de dollars de décaissements pour accompagner les économies vulnérables.
“La finance islamique est là. Cela fait partie de la boîte à outils. Ce n’est pas la seule solution. Nous devrions arrêter de voir cela comme une alternative au financement conventionnel et cela fait partie de la boîte à outils de financement disponible.”
Areef Suleman, Économiste en chef du Groupe de la Banque Islamique de Développement (BID) / Chief Economist of the Islamic Development Bank (IsDB) Group – Afrique du Sud / South Africa
Dans un contexte mondial marqué par la multiplication des crises, l’Afrique cherche donc à renforcer ses propres capacités de résistance économique. La priorité est désormais de mieux mobiliser les ressources disponibles, d’attirer davantage d’investissements privés et d’orienter les financements vers les secteurs capables de créer des emplois durables. Une stratégie présentée comme essentielle pour faire du continent un acteur plus autonome dans l’économie mondiale.