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Afrique : 20% des jeunes sans emploi ni formation en 2025 

L’Afrique fait face à un défi majeur : transformer sa jeunesse nombreuse et son potentiel féminin en véritables moteurs de croissance. Chaque année, des millions de jeunes arrivent sur un marché du travail où l’emploi informel reste dominant. Pour les femmes, l’accès au financement, à la formation et aux ressources économiques demeure encore limité. 

L’Afrique est face à un paradoxe : sa jeunesse représente son principal potentiel économique, mais elle reste confrontée à un déficit massif d’emplois décents. Chaque année, entre 10 et 12 millions de jeunes arrivent sur le marché du travail, alors que seulement environ 3 millions d’emplois formels sont créés. Le manque à gagner est donc considérable et menace de transformer l’avantage démographique du continent en facteur de précarité. Chez les jeunes, le décrochage reste préoccupant. Une grande partie des jeunes qui travaillent évoluent dans l’économie informelle, avec des revenus faibles et une protection sociale limitée.

‘’  Nous devons faire de telle sorte que rebâtir et reconstruire en mieux après la pandémie signifie agir de manière à favoriser l’égalité entre les sexes et l’autonomisation des femmes. Pour y parvenir, il est fondamental de veiller à ce que les fonds publics, privés et mixtes soient alloués et utilisés et qui tiennent compte des questions d’égalité entre les sexes.     ‘’

Siaka Coulibaly, Ancien Coordinateur de l’ONU au SénégalCôte d’Ivoire

À l’échelle mondiale, selon OIT 20 % des jeunes étaient en 2025 ni en emploi, ni en études, ni en formation, soit plus de 257 millions de personnes. En Afrique, la faiblesse de la productivité et le décalage entre les formations et les besoins des entreprises compliquent encore l’insertion professionnelle. Face à cette situation, les réponses se déplacent vers la formation, le financement et l’entrepreneuriat. En juin 2026, la Banque mondiale a lancé le programme régional SIRA, doté de 642 millions de dollars, avec l’objectif d’accompagner 5,4 millions de jeunes en Côte d’Ivoire, en Guinée et au Cabo Verde. Les femmes sont au cœur de cette équation. Elles participent fortement à l’activité économique, mais restent davantage exposées aux emplois vulnérables et aux inégalités de revenus.

 La transformation structurelle de notre continent ne peut se réaliser abstraction faite de la prise en compte adéquate des interrelations positives entre la transformation indubitable, le développement socio-économique, l’égalité des genres et l’autonomisation économique des femmes. Cette trilogie est importante tant au niveau de la recherche qu’au niveau de l’action, c’est-à-dire des politiques à mettre en oeuvre pour répondre aux préoccupations, celles liées à l’autonomisation des femmes. Cette analyse que voilà commande la prise en compte de ces corrélations positives dans les  politiques et programmes de développement de nos pays. Il incombe dès lors au gouvernement de mettre en oeuvre des politiques adéquates visant à répondre aux contraintes sociales, culturelles, économiques et politiques auxquelles font face les femmes et qui annihilent les efforts, voire leur épargnement économique.  ‘’

Ngoné Diop, Directrice afrique de l’ouest de la CEASénégal

Selon l’Indice du genre en Afrique de la BAD, la participation des femmes au marché du travail reste inférieure à celle des hommes et l’égalité dans l’emploi n’atteint que 59,3 %. En Côte d’Ivoire, les estimations de 2025 font état de 80,1 % d’emplois vulnérables chez les femmes, contre 61,3 % chez les hommes. 

  La contribution des femmes à la production économique pour la survie des familles, cela est considérable. Nos déplacements, nos activités convergent vers un seul objectif en ce qui concerne les femmes, c’est la survie des familles. Donc les femmes deviennent de ce fait les principales actrices de la résilience dans cet espace-là. Or il nous faut mesurer tout cela pour que les acteurs politiques prennent conscience de l’enjeu de la position de la femme dans la gouvernance économique car c’est l’autonomie économique qui permettra d’aller vers l’autonomie politique. Mais pour cela, les femmes doivent dépasser la notion de revendication des droits pour aller vers la conquête des pouvoirs. La marginalisation politique étant la principale cause de la faible prise en compte des femmes dans les politiques de développement économique.  ‘’

Fatou Sow Sarr, commissaire au Développement humain et aux Affaires sociales de la CEDEAOSénégal

Cette situation intervient alors que la pauvreté demeure massive en Afrique subsaharienne. En 2024, environ 464 millions de personnes y vivaient encore dans l’extrême pauvreté, selon la Banque mondiale. La région représentait alors seulement 16 % de la population mondiale, mais près de 67 % des personnes vivant dans l’extrême pauvreté. Pour inverser cette tendance, les institutions internationales insistent sur l’investissement dans le capital humain, la diversification économique, l’entrepreneuriat et surtout la création d’emplois productifs. 

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