Sur les rivages africains, l’océan est à la fois une source de vie et une promesse d’avenir. De Dakar à Mombasa, des millions de personnes dépendent directement des ressources marines pour se nourrir et travailler. Aujourd’hui, cette réalité prend une nouvelle dimension avec l’essor de l’économie bleue, érigée en priorité par l’Union africaine depuis l’adoption de l’Agenda 2063. Présentée comme un moteur de croissance durable, cette économie suscite de grands espoirs. Mais derrière ce potentiel considérable, la question de la gouvernance reste centrale : comment organiser efficacement leur gestion à l’échelle nationale et régionale ?
Longtemps sous-exploitées, les ressources marines africaines suscitent aujourd’hui un intérêt croissant. Entre enjeux économiques, alimentaires et environnementaux, l’économie bleue devient un levier stratégique pour le continent, malgré des défis de gouvernance. Elle soutient près de 20 millions d’emplois sur les côtes, dont plus de 12 millions en Afrique de l’Ouest.
“L’Institut de l’Océan Afrique, sous le collège de l’agriculture et des sciences naturelles, a été établi pour répondre aux défis en provenant une plateforme cohérente et interdisciplinaire qui souhaite connecter la recherche, la construction de capacité et l’engagement de la politique avec les priorités de développement liées à la région maritime.«
Dennis Walanuto, Directeur du Centre de gestion côtière – Ghana
Pêche artisanale, transport maritime, tourisme côtier ou encore exploitation énergétique : les activités se diversifient. À l’échelle mondiale, les océans font vivre plus de 3 milliards de personnes selon les données officielles, rappelant l’importance stratégique de ce secteur pour des pays comme le Sénégal, la Côte d’Ivoire ou le Ghana.
“Le gouvernement souhaite que le pays optimise l’utilisation de ses ressources marines de manière responsable. Les citoyens comptent sur le secteur maritime et l’économie bleue pour résoudre efficacement leurs problèmes quotidiens”.
EMEKA AKABOGU, Secrétaire de l’Association nigériane de droit maritime – Nigeria
Depuis l’adoption de l’Agenda 2063 en 2013 par l’Union africaine, l’économie bleue est devenue une priorité pour stimuler une croissance durable à partir des ressources marines. Cependant, plusieurs défis persistent : la fragmentation institutionnelle, qui complique la coordination entre ministères, et la faiblesse de la régulation, illustrée par la pêche illicite, la pollution marine et la surexploitation des ressources.
La mise en œuvre de l’accord sur la haute mer, où j’utilise l’anglicisme BB&G, sur la biodiversité, pour protéger la biodiversité en haute mer, est une très bonne nouvelle. Car à Nice, on a réussi à avoir les derniers engagements, les états qui manquaient, en termes de ratification pour que cet accord qui a été obtenu en 2023 puisse entrer en fonction, pour être mis en œuvre par les états.
Nassim Oulmane , Chef de la section Ressources naturelles de la CEA – Algérie
Les politiques publiques évoluent vers une gestion intégrée des zones côtières, impliquant États, communautés locales et acteurs privés. Parallèlement, la coopération internationale se renforce, comme l’illustre le sommet « L’Afrique pour l’Océan » en 2025 et la Semaine africaine de l’économie bleue (ABEW25). Avec plus de 30 000 km de côtes, l’Afrique dispose d’un fort potentiel maritime, dont la valorisation dépendra d’une gouvernance efficace.