À l’Alamein Africa Forum, la redéfinition des partenariats public-privé s’impose comme un levier de transformation économique du continent. Abdel Fattah Al-Sissi, Évariste Ndayishimiye et Nardos Bekele-Thomas défendent une coopération renforcée entre États et entreprises pour stimuler l’investissement, développer la production locale et construire des chaînes de valeur capables de dynamiser les échanges intra-africains.
L’Afrique cherche à convertir son potentiel économique en capacités productives. Avec un marché estimé à 3 600 milliards de dollars, le continent dispose de débouchés considérables, mais ses échanges commerciaux restent fragmentés. À l’Alamein Africa Forum, les dirigeants soulignent la nécessité de dépasser les engagements politiques pour bâtir des partenariats capables de générer des investissements et des résultats concrets.
“Le développement économique ne se construit pas dans des pays instables. La stabilité n’est pas un luxe : c’est un pilier fondamental que recherchent l’investisseur, l’industriel et l’agriculteur pour pouvoir travailler dans un environnement sûr et atteindre leurs objectifs.”
Abdel Fattah Al-Sissi (trad), Président de la République – Égypte
Pour Abdel Fattah Al-Sissi, le rapprochement entre gouvernements et entreprises constitue un levier essentiel de développement. Les pouvoirs publics doivent créer un environnement favorable aux investissements, tandis que le secteur privé apporte capitaux, technologies et capacités industrielles. Cette complémentarité doit favoriser la transformation locale des ressources, la création d’emplois et l’émergence de nouvelles filières de production africaines.
“La ZLECAf ne doit pas rester un simple cadre juridique : elle doit devenir un marché qui fonctionne réellement. C’est pourquoi il faut accélérer et faciliter la mise en place des infrastructures, comme les corridors commerciaux, ainsi que l’harmonisation des douanes et des normes, la logistique, le financement du commerce et les chaînes de valeur.”
Évariste Ndayishimiye, Président en exercice de l’Union Africaine – Burundi
Évariste Ndayishimiye insiste sur les conditions nécessaires à cette dynamique : la stabilité sécuritaire, la confiance des investisseurs et une coopération économique renforcée. De son côté, Nardos Bekele-Thomas préconise la préparation de projets bancables et la mobilisation des capitaux africains. Le Programme de développement des infrastructures en Afrique recense 69 projets régionaux, représentant une valeur estimée à 215 milliards de dollars.
“À travers notre continent, les entreprises africaines font preuve d’audace : elles osent, elles se développent et elles concurrencent au-delà des frontières, malgré les défis structurels et politiques.”
Nardos Bekele-Thomas, Directrice générale de l’AUDA-NEPAD – Éthiopie
haînes de valeur régionales, de la matière première au produit fini. La ZLECAf doit faciliter l’accès aux marchés, tandis que les infrastructures, l’harmonisation des normes et les financements adaptés soutiennent les échanges. En rapprochant États et industriels, l’Afrique peut renforcer son autonomie productive, créer des emplois et transformer son potentiel en croissance durable