Quarante-huit heures de discussions à Cotonou ont permis au Bénin et au Niger de poser les bases d’une normalisation progressive de leurs relations. Au centre des échanges : la sécurité, la reprise du dialogue économique et la libre circulation des personnes, des biens et des services sur un corridor stratégique pour l’Afrique de l’Ouest.
Depuis le coup d’État du 26 juillet 2023 au Niger, les relations entre le Niger et le Bénin ont été marquées par des tensions diplomatiques et la fermeture de la frontière nigérienne. Réunis à Cotonou les 20 et 21 juin 2026 après la rencontre du 2 juin 2026 entre les présidents Abdourahamane Tiani et Romuald Wadagni, les deux pays ont engagé des discussions sur la sécurité, la relance de la coopération économique, le transit des marchandises et la réouverture de la frontière. Pour le Niger, pays de plus de 27 millions d’habitants, l’accès au Port de Cotonou demeure un enjeu stratégique.
» Nous avons verrouillé la priorité sécuritaire. Nous avons également jeté les bases d’une normalisation économique et juridique. Le principe de l’exonération des taxes sur le transit, de l’interdiction de la mise en consommation, de la révision des charges et du règlement des contentieux sont désormais inscrits dans nos engagements communs. »
Mohamed Toumba, Ministre d’État chargé de l’Intérieur, de la Sécurité publique et de l’Administration du territoire – Niger
Au-delà des questions sécuritaires, les enjeux économiques sont considérables. Les données officielles montrent que le Niger représentait avant la crise entre 30 % et 35 % du trafic d’importation du Port de Cotonou. Sa contribution au trafic de transit vers l’hinterland était encore plus importante, atteignant près de 90 %. Chaque année, plusieurs centaines de milliers de tonnes de marchandises empruntaient le corridor Cotonou-Niamey. Ce flux soutenait des milliers d’emplois dans le transport, la logistique, la manutention, l’entreposage et le commerce. Les discussions ont également porté sur la gestion des contentieux, les questions de transit ainsi que le dossier des cinq fonctionnaires nigériens condamnés au Bénin. Pour les opérateurs économiques, une reprise progressive des échanges pourrait contribuer à réduire les coûts logistiques, fluidifier les chaînes d’approvisionnement et améliorer l’accès aux marchés dans les deux pays.
» Je pense qu’après 48 h que nous avons passées ensemble, nous formons une seule délégation ici avec un seul objectif refaire naître cet amour et ce lien séculaire qu’il y a entre nos deux peuples, entre nos deux pays. J’ai bon espoir que chacun de nous rendra compte à ses autorités, comme vous l’avez dit, pour une validation formelle, une ratification des conclusions auxquelles nous sommes parvenus . »
Olushegun Adjadi Bakari, Ministre chargé de l’Intégration africaine – Bénin
Les conclusions de ces concertations doivent désormais être soumises à l’approbation des autorités des deux pays. Long de plus de 1 000 kilomètres, le corridor Cotonou-Niamey demeure un axe vital pour les échanges régionaux. De Malanville à Gaya, de Dosso à Niamey, des dizaines de milliers de familles dépendent directement ou indirectement de cette activité économique. Une nouvelle rencontre est annoncée à Niamey afin de poursuivre les discussions et de transformer les avancées diplomatiques en mesures concrètes pour les populations béninoise et nigérienne.



