A Washington, aux Etats Unis, le Nigeria accélère les préparatifs pour l’Institut monétaire africain. Adopté par l’Union africaine en février 2026, l’IMA doit commencer ses activités à Abuja en septembre 2026. L’institution est appelée à rapprocher les politiques monétaires africaines et à préparer, à terme, le terrain pour une Banque centrale africaine et une monnaie unique.
La création de l’Institut monétaire africain répond à un problème concret : la fragmentation monétaire du continent. 41 banques centrales, représentant 53 pays africains, composent l’Association des banques centrales africaines. À cela s’ajoutent les différences de monnaies, de politiques monétaires et de systèmes de paiement, qui compliquent les échanges transfrontaliers.
« En Afrique, une transaction peut prendre entre deux semaines et un mois. En tant qu’homme d’affaires, nous ne pouvons pas nous permettre d’attendre aussi longtemps. Cette fragmentation freine donc notre développement. Nous pensons qu’en renforçant notre intégration, en facilitant la libre circulation et en fluidifiant les transactions, nous pourrons progresser beaucoup plus rapidement. »
Raymond Omachi, Secrétaire permanent du ministère fédéral des Finances – Nigeria
À Abuja, le Nigeria prépare déjà l’accueil de l’institut. Le gouvernement affirme avoir mis à disposition les infrastructures nécessaires et vise une entrée en fonction en septembre 2026. Le choix du Nigeria intervient alors que l’Union africaine veut renforcer son architecture financière et accélérer la convergence économique et monétaire du continent.
« Le Nigeria est prêt à apporter tout le soutien politique, institutionnel et logistique nécessaire pour lancer les activités en septembre prochain. Nous sommes prêts et toutes les infrastructures nécessaires sont déjà en place. Nous savons que cet institut constitue une première étape essentielle vers l’intégration financière du continent africain. »
Raymond Omachi, Secrétaire permanent du ministère fédéral des Finances – Nigeria
Mais l’objectif dépasse la seule création d’un nouvel organisme. L’IMA doit contribuer à établir des critères de convergence macroéconomique et à coordonner les politiques monétaires, en constituant une étape préparatoire vers une future Banque centrale africaine. L’Union africaine compte 55 États membres, ce qui rend l’harmonisation complexe entre des économies et des régimes monétaires très différents.
« L’Institut monétaire africain jouera un rôle essentiel dans la coordination et la définition de critères de convergence macroéconomique pour le continent, une première étape vers la création d’une banque centrale africaine. »
Francisca Tatchouop Belobe, Commissaire au Développement économique et au Commerce de l’UA – Guinée Equatoriale
L’IMA constitue donc une étape préparatoire vers une intégration monétaire plus poussée. Mais l’harmonisation de 41 banques centrales et la convergence de 55 États restent un chantier de long terme. Pour l’heure, le prochain rendez-vous est fixé à septembre 2026 à Abuja, avec le démarrage annoncé des activités de l’Institut monétaire africain.