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Afrique : 45,7 millions de déplacés enregistrés depuis 2020

L’Afrique subit une intensification majeure des crises sécuritaires, concentrant en 2025 plus de 50 conflits armés, soit près de 40 % du total mondial. Rien qu’en 2024, le Sahel et la Corne de l’Afrique regroupaient plus de la moitié des 7 555 décès liés au terrorisme à l’échelle globale. Cette instabilité sahélienne déborde désormais de ses frontières d’origine pour frapper durement les pays côtiers de l’Afrique de l’Ouest. L’avancée de la menace asymétrique vers le golfe de Guinée impose aux structures régionales de s’adapter à un écosystème criminel mouvant. Face à l’imbrication des vulnérabilités institutionnelles et climatiques, l’Union africaine tente de coordonner la résilience sur le continent. Cependant, la pérennisation des opérations militaires souffre toujours d’un manque de financement multilatéral et de représentativité à l’ONU. L’absence de consensus international sur les contributions obligatoires fragilise le soutien mondial pourtant requis par ces missions. Depuis 2020, ces crises cumulées ont engendré le déplacement forcé de 45,7 millions de personnes à travers l’ensemble du continent.

L’Afrique fait face à une intensification préoccupante des crises sécuritaires. En 2025, le continent concentrait plus de 50 conflits armés, représentant près de 40 % des conflits mondiaux. Rien qu’en 2024, le Sahel et la Corne de l’Afrique ont enregistré plus de la moitié des 7 555 décès liés au terrorisme à l’échelle mondiale. Face à ce panorama complexe, les réponses doivent être globales et interconnectées. Cette instabilité trouve des racines profondes dans la dégradation de la situation au Sahel, une crise qui a désormais tendance à déborder de ses frontières initiales pour toucher les pays côtiers de l’Afrique de l’Ouest. 

“Je me souviens que la plus grande instabilité de la région du Sahel a commencé en 2012, lors de l’attaque d’Agadez. À ce moment-là, il y avait des groupes terroristes et djihadistes soutenus par Ansar Dine, mais aussi des groupes touaregs et indépendantistes. C’est alors que l’instabilité a commencé à s’accroître dans différents endroits, de la région de Ménaka jusqu’au centre, la zone des trois frontières entre le Mali, le Niger et le Burkina Faso, et désormais le Sahel et les régions occidentales du Mali. Comme je l’ai dit tout à l’heure, il ne s’agit pas seulement de problèmes propres au Sahel, car on voit maintenant comment la situation évolue dans des pays côtiers comme le Bénin.  Le Bénin déploie certaines positions de son armée, et des velléités d’attaques touchent la Côte d’Ivoire, le Ghana et le Burkina Faso. Cela signifie que la menace ne se concentre pas uniquement sur le Sahel, mais s’étend aussi aux pays limitrophes de la région sahélienne, parmi lesquels on ne peut exclure la Mauritanie et l’Algérie. L’Afrique fait face aujourd’hui à des défis sérieux.”

Moussa Kondo, Directeur exécutif, Sahel Institute – Mali 

L’expansion géographique de la menace asymétrique vers le golfe de Guinée démontre que les structures de sécurité régionales doivent impérativement s’adapter à un écosystème criminel en constante mutation, où les vulnérabilités institutionnelles et climatiques s’entremêlent. 

“L’Afrique est en train de rencontrer un environnement de sécurité complexe et évolutif. On parle des problèmes de terrorisme et de violence extrême. On parle des problèmes d’un réseau de crime organisé. On parle des problèmes de conflits et des défis du gouvernement. Tous ces défis condamnent la stabilité et le développement de notre continent. Ces défis demandent un renouveau de l’engagement collectif de ce comité critique.”

Neema Nicholaus Chusi, Directrice du secrétariat, Conseil de paix et de sécurité UA – Tanzanie

Pour soutenir efficacement cet engagement collectif continental et pérenniser l’action des forces africaines, la question de la représentativité et du financement multilatéral au sein des instances décisionnelles mondiales reste un enjeu géopolitique majeur et toujours irrésolu.

“Je regrette que le conseil de sécurité ne soit pas parvenu à un consensus sur le financement par le biais de contributions obligatoires. Si la mission de l’UA en Somalie ne justifie pas un soutien mondial . qu’est ce qu’il mérite? L’absence d’un siège permanent pour l’Afrique au Conseil de sécurité est indéfendable. Nous sommes en 2026 pas en 1946. Quelles que soient les décisions concernant l’Afrique et le monde qui sont sur la table, l’Afrique  doit être  présente au Conseil.”

António Guterres, Secrétaire général des Nations Unies – Portugal

Alors que les crises depuis 2020 ont entraîné le déplacement de 45,7 millions de personnes à travers le continent, l’Architecture africaine de paix et de sécurité tente de coordonner la résilience régionale. Toutefois, la dépendance financière extérieure et le besoin d’une voix souveraine à l’ONU rappellent l’urgence de rééquilibrer les partenariats internationaux pour garantir une stabilité durable.

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