Afrique : 6 millions d’agents sanitaires nécessaires d’ici 2030

Selon un rapport de l’Africa CDC (Centre africain de prévention et de contrôle des maladies) publié le 29 janvier 2026, l’Afrique fait face à un déficit de 6,1 millions de professionnels de la santé. La résolution de ce gap de ressources humaines s’avère nécessaire pour atteindre la couverture santé universelle et répondre aux besoins essentiels du continent d’ici 2030.

Le Centre africain de prévention et de contrôle des maladies (Africa CDC) a, dans rapport publié le 29 janvier 2026, mis en lumière la nécessité de résoudre le déficit en ressources humaines dans le secteur de la santé dont le besoin de recrutement de professionnel de santé s’élève à 6,1 millions de professionnels supplémentaires pour atteindre l’objectif fondamental de la couverture santé universelle et pourvoir aux besoins sanitaires sur le continent. 

“Pour éviter ce scénario, il y a des mesures urgentes qui doivent être structurelles, coordonnées et courageuses. Et je ne sais pas si les États africains seront capables de le faire. Parmi ces mesures, par exemple, le premier serait surtout former mieux, mais surtout former utile. Former plus ne suffit plus. Il faut adapter les curricula aux réalités locales telles que les soins primaires santé communautaire, santé mentale, urgence ou même encore des violences basées sur le genre.”

Dr A.Vanessa KOUATCHOUANG, EpidémiologisteCameroun 

La pénurie de ressources humaines en Afrique touche l’ensemble du personnel de santé: médecins, infirmiers, sages-femmes, techniciens et agents communautaires. Ce déficit, combiné au sous-financement chronique des systèmes de santé, alimente le recours au tourisme médical. L’exode massif des soignants au Nigeria a atteint des proportions alarmantes : près de 10 000 médecins ont quitté le pays entre 2022 et 2024, selon l’Association médicale nigériane. 

“Cinq actions clés s’imposent. D’abord, la formation massive, en augmentant les capacités des écoles de santé et en garantissant la qualité des formations. Ensuite, la création d’ emplois, car trop de professionnels de santé formés restent aujourd’hui sans postes. Il est aussi important d’adopter une politique de rétention en améliorant les salaires, les conditions de travail et les perspectives de carrière afin de limiter la migration des compétences. Les États doivent également investir durablement dans les ressources humaines en santé et renforcer la planification et la gouvernance du secteur. Enfin, l’Afrique doit innover, notamment en valorisant les agents de santé communautaires et les solutions numériques pour atteindre les zones sous desservies. Former, employer, retenir et innover. C’est à ce prix que l’Afrique pourra éviter une crise majeure de son système de santé d’ici deux mille trente.”

Aminatou TRAORE, MédecinMali

L’Afrique a perdu 2 400 milliards de dollars en soins hors continent, selon la Banque africaine de développement, soulignant les faiblesses structurelles et la méfiance envers les systèmes de santé locaux. Sans action rapide des gouvernements africains, du CDC Afrique et de l’Union africaine, la crise des ressources humaines menace les objectifs de santé et la gestion des futures urgences. Le CDC Afrique alerte sur l’urgence d’établir des stratégies pour former, retenir et répartir équitablement le personnel de santé.

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