Face aux bouleversements climatiques, technologiques et économiques, l’Afrique place désormais les sciences, les technologies et l’innovation (STI) au cœur de sa stratégie de développement. Selon les l’Union africaine, l’enjeu est de préparer le capital humain pour les 60 % d’emplois de demain qui reposeront sur le numérique. Pour devenir un véritable pôle d’innovation mondiale, le continent mise sur plusieurs axes prioritaires : l’expansion de l’accès à l’énergie, l’industrialisation, le renforcement de la coopération régionale, ainsi que la formation inclusive des femmes et de la jeunesse au sein d’infrastructures numériques modernisées.
L’Afrique s’engage pour sa souveraineté technologique afin de maîtriser ses infrastructures, protéger ses données et réduire sa dépendance étrangère. Face à l’enjeu de puissance que représente le numérique, le continent ambitionne de devenir un pôle d’innovation mondial. Selon l’Union africaine, 60 % des emplois futurs seront liés aux technologies. Pour réussir cette transition, la stratégie repose sur l’industrialisation, l’accès à l’énergie, la coopération régionale et la formation inclusive des jeunes et des femmes au sein d’infrastructures modernisées.
“Dans un monde où les technologies de l’information sont devenues vitales, renforcer la résilience des réseaux, c’est garantir la continuité des services de santé, d’éducation et des infrastructures essentielles face aux crises, aux pannes et aux cybermenaces. La construction d’infrastructures de connectivité inclusive et résiliente pour garantir la disponibilité des réseaux en diversifiant les sources d’énergie et en déployant des plans de continuité testés régulièrement tout en assurant un accès Internet abordable des zones urbaines aux zones rurales.”
Djibril Ouattara, Ministre de la Transition numérique et de l’Innovation technologique – Côte d’Ivoire
L’Afrique détient moins de 1 % de la capacité mondiale des centres de données, malgré une croissance du trafic mobile de 40 % par an. Dépourvu de son propre système d’interconnexion, le continent dépend de câbles sous-marins contrôlés par l’Occident. Pour y remédier, la création d’« usines d’IA » locales est préconisée afin de traiter les données sur place et d’en conserver la valeur économique. Toutefois, le manque de financements à long terme et d’énergie abordable freine ces investissements.
Africa holds less than 1% of the world’s data center capacity, despite mobile traffic growing by 40% annually. Lacking its own interconnection system, the continent remains dependent on submarine cables controlled by Western countries. To address this, the development of local “AI factories” is being recommended to process data within the continent and retain its economic value. However, the lack of long-term financing and affordable energy continues to hinder these investments.
« Depuis des années, nous consommons des technologies étrangères malgré nos vastes ressources et le savoir de nos universités. Dans les mines, nous exportons des matières brutes tandis que la valeur ajoutée et les emplois qualifiés se créent ailleurs. De même, notre propriété intellectuelle est souvent commercialisée à l’étranger. Ce cycle de dépendance, où nous exportons notre potentiel pour importer de la valeur technologique, freine notre développement. »
Loyiso Tyira, Président du conseil d’administration de la Technology Innovation Agency – Afrique du Sud
Le déficit énergétique freine l’essor numérique africain : seuls 43 % de la population ont accès à l’électricité, et 600 millions de personnes en zone subsaharienne en sont privées. Cette précarité, marquée par des coupures hebdomadaires atteignant 20 heures, limite l’usage d’Internet malgré l’extension de la fibre optique à 409 millions d’individus. Par ailleurs, la cybersécurité reste vulnérable avec seulement 16 pays signataires de la Convention de Malabo, tandis que la domination des centres de données occidentaux révèle une pénurie locale d’experts en cloud.
“Nous sommes à un tournant, un moment où les choix que nous faisons aujourd’hui déterminent la place de l’Afrique dans les décennies à venir. L’Afrique ne peut pas être le dernier marché des technologies du monde, elle doit devenir l’un de ces centres de production. Et pour cela, nous avons un avantage unique, notre jeunesse.”
Yaya Sylla, Entrepreneur – Côte d’Ivoire
La route vers l’autonomie technologique reste semée de défis, les experts préconisent des Partenariats Public-Privé et des consortiums régionaux pour mutualiser les coûts télécoms et bâtir des infrastructures souveraines. Ils recommandent d’allouer 1 % du PIB à la recherche, de créer un Fonds Panafricain pour le calcul via une taxe sectorielle et d’imposer le stockage local de 100 % des données régaliennes. Cette stratégie doit s’articuler au niveau de l’Union Africaine pour concilier souveraineté étatique et économies d’échelle.