En Afrique centrale, les jeunes représentent plus de 60 % de la population, mais l’accès au financement demeure encore limité pour de nombreux porteurs de projets, particulièrement les femmes et les acteurs du secteur informel. À Brazzaville, responsables institutionnels, organisations de jeunesse, réseaux de femmes et partenaires financiers ont réfléchi aux mécanismes capables de favoriser une inclusion financière plus adaptée aux réalités de la sous-région.
Selon plusieurs études régionales, près de 70 % des activités économiques féminines évoluent encore dans le secteur informel, avec un accès limité aux crédits bancaires classiques. Les jeunes entrepreneurs, eux, se heurtent souvent à l’absence de garanties financières, au manque d’accompagnement technique et à la faiblesse des dispositifs de financement adaptés. Réunis à Brazzaville, dans le cadre des préparatifs du troisième sommet sur le financement des femmes et des jeunes en Afrique, les participants ont notamment plaidé dans leur Déclaration finale, pour la création d’un mécanisme régional capable de mutualiser les ressources et de soutenir les projets portés par les femmes et les jeunes.
“Considérant la forte proportion de jeunes dans la population des pays de l’Afrique centrale et leur rôle stratégique dans le développement socio-économique, l’inégalité persistante d’accès au financement des jeunes, au financement entre les femmes, les hommes ainsi qu’entre générations(…) déclarons notre engagement commun à œuvrer pour la mise en place d’un fonds régional stratégique dédié au financement des femmes et des jeunes, articulant épargne, micro-prédits, subventions, prêts constitutionnels et garanties, promouvoir l’harmonisation du cadre réglementaire et fiscaux afin de lever les obstacles au financement inclusif et transfrontalier”.
Kouassi Léonard KOFFI, Directeur Exécutif du Think Tank LaRAD OING – Côte d’Ivoire
Les participants ont souhaité également une harmonisation des cadres réglementaires afin de faciliter les financements transfrontaliers et encourager davantage l’innovation financière dans la sous-région.Pour les organisations féminines présentes, l’enjeu dépasse la seule question économique. Il s’agit aussi de renforcer l’autonomisation et la participation des femmes au développement des pays africains.
“Bientôt la ZLECAF va être opérationnelle et donc les pays de l’Afrique centrale doivent se préparer. Il y a une forte volonté des femmes d’être actives dans ce processus, dans la mise en œuvre de la ZLECAF et donc, c’est déjà un contexte positif qui justifie la mise en place d’un fonds régional parce que les jeunes et les femmes constituent la majorité de la population.”
Lina EKOMO, Présidente du Réseau pour le leadership de la femme en Centrafrique – Centrafrique
“Je pense que ce séminaire a toute son importance parce qu’il est question du financement pour les femmes et des jeunes et c’est un sujet d’actualité parce que nous discutons régulièrement des taux d’emprunts de crédits, des garanties voilà il y a toutes ces questions autour du financement, donc avoir des sessions de réflexion, de travail autour de ce sujet est pertinent.”
Mélina Mpourou, Entrepreneure – Congo
Placée sous le haut patronage de la Première Dame du Congo, Antoinette Sassou Nguesso, engagée dans l’accompagnement des femmes et des jeunes à travers sa Fondation Congo Assistance, ce séminaire a pour ambition de faire émerger des mécanismes régionaux capables de soutenir durablement l’entrepreneuriat, l’emploi et l’autonomisation économique dans la sous-région.



