Longtemps confronté aux trafics de marchandises et à la piraterie, l’espace maritime africain reste un enjeu majeur de sécurité et de souveraineté économique. Face à ces menaces, le renforcement de la surveillance devient une priorité politique. Du 21 au 25 septembre 2026, les représentants de 22 États d’Afrique de l’Ouest et du Centre se sont réunis à Libreville pour harmoniser leurs stratégies de contrôle des navires et mieux sécuriser les eaux africaines.
Du 21 au 25 septembre 2026, Libreville a accueilli la 16ᵉ réunion du Comité de contrôle des navires et la 6ᵉ Conférence ministérielle du Mémorandum d’entente d’Abuja, réunissant les représentants de 22 États d’Afrique de l’Ouest et du Centre. Un rendez-vous politique majeur pour l’avenir de la sécurité maritime régionale en Afrique.
«Le mémorandum d’entente d’Abuja procède d’une conviction simple. Aucun de nos États pris isolément ne saurait garantir seules la sécurité de la navigation sur une façade atlantique qui s’étend de la Mauritanie à l’Afrique du Sud. Ce que nous pouvons accomplir séparément, nous le pouvons ensemble.»
Frédérique Avome Guevit, Directrice générale de la Marine Marchande – Gabon
L’enjeu est également régional. Entre le premier semestre 2018 et celui de 2023, les escales de porte-conteneurs en Afrique ont progressé de 20 %, tandis que celles des pétroliers ont augmenté de 38 %. Dans ce contexte, une meilleure coordination des 22 États membres pourrait contribuer à sécuriser les chaînes d’approvisionnement et à limiter les perturbations commerciales. À terme, cette coopération pourrait favoriser la compétitivité des ports africains et soutenir les échanges intra-africains.
« Le contrôle des navires par l’État du port révèle une importance fondamentale. En permettant à chaque État d’inspecter les navires étrangers faisant escale dans ses ports, il garantit leur conformité aux conventions internationales, écarte les navires sous normes et assure une concurrence loyale dans la région.»
Ulrich Manfoumbi Manfoumbi , Ministre des Transports, de la Marine marchande et de la Logistique. – Gabon
Pour les experts, avec près de 90 % des échanges Africains acheminés par mer selon la Banque Africaine de développement, la sécurité maritime devient un enjeu économique important pour l’Afrique. La ZLECAf pourrait croître de 28 % de fret intra-africain. Face à cette croissance, la coopération entre les États devient essentielle pour sécuriser les flux, fluidifier les échanges et renforcer la compétitivité des ports Africains.



