L’axe Afrique–Caraïbes entre dans une nouvelle phase stratégique de coopération Sud-Sud, où l’énergie s’impose comme levier central d’intégration économique. Portée par une logique de souveraineté partagée et de complémentarité, cette dynamique repose sur un potentiel concret : selon l’International trade center et Afreximbank, les échanges pourraient atteindre 1,8 milliard de dollars d’ici 2028, sous réserve d’une amélioration des infrastructures logistiques. Dans ce cadre, les États africains et les membres de la Communauté de la Caraïbe (CARICOM) multiplient les initiatives conjointes pour structurer des investissements dans les infrastructures énergétiques et accélérer le transfert de technologies propres.
« L’Afrique et les Caraïbes entretiennent de longs liens historiques depuis déjà 400 ans, lorsque la traite négrière a débuté. Nous avons ainsi besoin de commencer à reconstruire nos liens sur la base de cette histoire commune, en vue de renforcer la collaboration dans le secteur énergétique. Nous voyons d’ailleurs une grande opportunité de travail commun entre les deux régions, notamment dans le secteur des énergies renouvelables et des espaces énergétiques. L’Afrique, tout comme les Caraïbes, dispose de quantités importantes de sources d’énergie renouvelable. »
Ken Mugambi, Directeur général du groupe Trinity Energy – Kenya
Au-delà des ambitions économiques, l’enjeu est structurel : bâtir des systèmes énergétiques plus résilients pour un continent où 600 millions de personnes n’ont toujours pas accès à l’électricité en 2025. Cette coopération vise à réduire la dépendance aux chocs extérieurs, alors que l’Afrique reste paradoxalement importatrice nette de produits pétroliers raffinés malgré ses vastes ressources. Cette coopération énergétique s’accompagne également d’un enjeu logistique : améliorer les routes maritimes et les systèmes de transport pour fluidifier les échanges commerciaux entre les deux espaces.
« Il y a énormément d’opportunités entre les deux régions pour réellement intégrer le secteur de l’énergie, l’accès à l’énergie et les infrastructures énergétiques, comme un moyen de réduire le déficit énergétique auquel les deux régions font face, alors qu’elles figurent parmi les régions les plus pauvres en énergie dans le monde. »
Ken Mugambi, Directeur général du groupe Trinity Energy – Kenya
Au-delà de l’énergie, cette dynamique s’inscrit dans une vision plus large de développement durable partagé, où la sécurité énergétique devient le moteur d’une croissance inclusive. En 2026, alors que le PIB réel de l’Afrique devrait croître de 4,3 % contre 2,1 % pour les Caraïbes, cette alliance transatlantique s’impose comme un levier de résilience crucial face aux chocs climatiques, qui amputent déjà les économies régionales de 5 % de leur PIB par an.



