Malgré les progrès de la médecine moderne, l’accouchement reste dangereux en Afrique en raison de l’accès insuffisant à des soins de qualité. Le continent concentre désormais 70 % des décès maternels dans le monde, avec environ 178 000 femmes et un million de nouveau-nés qui meurent chaque année de causes évitables. Selon les Nations unies, le rythme actuel de baisse de la mortalité maternelle, estimé à 2,2 % par an, reste insuffisant. Les experts attribuent notamment cette situation à l’absence ou à la mauvaise mise en œuvre des politiques publiques.
En Afrique, donner la vie demeure une épreuve mortelle pour de trop nombreuses femmes, en dépit des progrès de la médecine moderne. La grossesse et la maternité, censées être des moments de joie, virent parfois au drame en raison d’un manque d’accès à des soins adéquats. Face à ce constat, il s’avère crucial d’examiner les facteurs qui maintiennent la mortalité maternelle à un niveau si préoccupant sur le continent, ainsi que les leviers d’action susceptibles d’enrayer ce fléau.
« En tant que championne de l’UA pour la santé maternelle, néonatale et infantile, je rappelle que nos réformes doivent se mesurer à leur impact humain. Notre réussite exige des soins de santé primaires, des vaccins, de la nutrition et une prise en charge adaptée pour chaque mère et chaque enfant. C’est pourquoi ma feuille de route vise les trois zéros : zéro accouchement à domicile, zéro décès maternel ou infantile évitable, et zéro enfant non vacciné. Grâce à une volonté politique affirmée, une bonne gouvernance et des partenariats solides, renforçons nos systèmes de santé. J’appelle ce comité ministériel à adopter un pacte concret pour la survie maternelle et infantile en Afrique. »
Samia Suluhu Hassan, Présidente de la République – Tanzanie
L’état des lieux des Nations unies est sans appel : selon les estimations de leur Groupe inter-organisations publiées en 2025, la mortalité maternelle a baissé de 40 % entre 2000 et 2023, passant de 727 à 442 décès pour 100 000 naissances vivantes. Mais cette avancée est insuffisante. L’Afrique concentre aujourd’hui 70 % des décès maternels mondiaux, avec chaque année environ 178 000 mères et un million de nouveau-nés victimes de causes évitables. Au rythme actuel (-2,2 % par an), la région comptera près de 350 décès pour 100 000 naissances vivantes en 2030, loin de la cible des ODD (<70).
« Bien que des avancées aient été réalisées, les taux de mortalité maternelle et infantile au cours des 28 premiers jours demeurent alarmants. Il est primordial de s’attaquer à leurs facteurs prépondérants, notamment les hémorragies obstétricales (antépartum et postpartum), les pathologies hypertensives telles que l’éclampsie, les pathologies infectieuses ainsi que les difficultés liées à l’accouchement, qui constituent les premières causes de la mortalité maternelle en Namibie. »
Esperance Luvindao, Ministre de la Santé et de l’action sociale – Namibie
Les causes médicales de ces décès sont pourtant bien connues : hémorragies, hypertension, infections, avortements à risque, dystocies, prématurité, septicémie et anomalies congénitales. Pourquoi le continent échoue-t-il alors à endiguer définitivement ces fléaux ? Les experts pointent du doigt l’absence ou la mauvaise application des politiques publiques. Ce déficit se traduit concrètement par des financements insuffisants, des problèmes de gouvernance, une pénurie sévère de personnel et des crises récurrentes (flambées épidémiques, conflits armés) qui désorganisent les structures de soins.
« L’Afrique ne se contente pas d’être une simple spectatrice de la santé mondiale : elle s’impose comme l’un de ses bâtisseurs émergents. Je me réjouis de l’innovation émanant du continent et de cette détermination à agir qui caractérise le combat de l’Afrique pour éradiquer les décès maternels évitables. Il nous faut tirer parti de cette dynamique jusqu’à ce que chaque grossesse bénéficie d’un suivi, que chaque accouchement se déroule en toute sécurité et que le potentiel de chaque femme puisse pleinement s’épanouir. »
Diene Keita, Directrice exécutive du Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA) – Côte d’Ivoire
Réduire la mortalité maternelle en Afrique exige le renforcement des systèmes de santé. Cela nécessite de construire et d’équiper des centres de santé, surtout en zone rurale, et de former davantage de personnel qualifié pour gérer les urgences obstétricales. De plus, un meilleur accès au suivi prénatal et des accouchements sécurisés en structure adaptée sont essentiels pour prévenir les complications.