Afrique – Cacao : une offre mondiale de 5 millions de tonnes

Premier producteur mondial de cacao, l’Afrique fournit près de 75 % des fèves consommées dans le monde. Mais à l’heure où les marchés internationaux renforcent leurs exigences en matière de traçabilité, de protection des forêts et de respect des droits humains, la filière est appelée à accélérer sa transition vers un modèle plus durable. Entre impératifs environnementaux, compétitivité économique et adaptation des producteurs, le secteur est à un tournant.

Avec une production estimée à plus de 5 millions de tonnes de cacao par an, la Côte d’Ivoire et le Ghana concentrent à eux seuls près de 60 % de l’offre mondiale. Cette position stratégique place l’Afrique de l’Ouest au cœur des chaînes d’approvisionnement de l’industrie chocolatière. Mais elle s’accompagne de défis majeurs : déforestation, changement climatique, vieillissement des vergers et faibles revenus des producteurs. Autant de facteurs qui menacent la pérennité de la filière.

“Nous connaissons tous l’ampleur de la perte du couvert forestier en Côte d’Ivoire. Nous voulons travailler en collaboration avec le ministère des eaux et forêts pour recouvrer le couvert forestier ivoirien. L’objectif pour la Côte d’Ivoire est donc 20 % de notre couvert d’ici 2030. Nous mettons à disposition des outils pour pouvoir vérifier et accompagner la conformité des productrices, des producteurs et des coopératives qui veulent et qui souhaitent exporter leurs produits sur le marché international.”

NANGA KONÉ, Directeur pays de Rainforest AllianceCôte d’Ivoire

Outre les défis climatiques, les impératifs des marchés mondiaux imposent désormais un durcissement des normes environnementales. L’Union européenne déploie son nouveau dispositif réglementaire, exigeant la preuve d’une production exempte de déforestation après le 31 décembre 2020. Pour accompagner les producteurs dans cette transition, des organisations comme Rainforest Alliance renforcent leurs actions en matière de certification, de traçabilité et de formation, afin d’aider les exploitations agricoles à répondre à ces nouveaux standards tout en préservant leur accès aux marchés internationaux.

«Nous travaillons avec presque 11 millions de producteurs, productrices, travailleurs et travailleuses au niveau de nos exploitations agricoles. Dans le monde, il y a plus de 66 000 produits qui arborent notre label et nous travaillons dans 64 pays dans le monde pour mettre en œuvre nos programmes de certification durable et régénératrice et nos programmes de paysages et communautés.» 

NANGA KONÉ, Directeur pays de Rainforest AllianceCôte d’Ivoire

Au-delà de l’impératif de conformité normative, la transition vers un cacao durable apparaît désormais comme un enjeu de compétitivité. Développement de l’agroforesterie, restauration des sols, amélioration des pratiques culturales et recours aux outils numériques pour assurer la traçabilité figurent parmi les solutions déployées sur le terrain. Pour les spécialistes du secteur, cette transformation constitue un investissement stratégique : elle vise à préserver les ressources forestières, renforcer la résilience des exploitations face au changement climatique et garantir à long terme la place du cacao africain sur un marché mondial de plus en plus exigeant.

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