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Afrique : Cheikh Tidiane Gadio, Architecte d’une Afrique Stratège et Souveraine

À la tête de l’Institut des stratégies panafricaines (ISP), l’ancien chef de la diplomatie sénégalaise continue de plaider pour une unité africaine concrète. Entre défis sécuritaires, souveraineté alimentaire et leadership, Cheikh Tidiane Gadio dessine les contours d’un continent qui doit impérativement exister par lui-même.  Né le 16 septembre 1956 à Gadiobé, dans le Nord du Sénégal, Cheikh Tidiane Gadio incarne une figure majeure de la diplomatie continentale. Ancien journaliste devenu diplomate de haut vol, il a dirigé le ministère des Affaires étrangères sous le régime d’Abdoulaye Wade entre 2000 et 2009. Durant cette décennie, il s’est illustré par sa capacité à dénouer des crises complexes, recevant les éloges de ses pairs comme de la communauté internationale pour son pragmatisme et son talent de négociateur. Son approche, souvent résumée par sa « théorie des 50 % », repose sur l’idée que si chaque partie fait la moitié du chemin vers l’autre, aucun conflit n’est insoluble.  

Ancien ministre des Affaires étrangères du Sénégal (2000-2009), Cheikh Tidiane Gadio, né en 1956 est une figure centrale de la diplomatie africaine, reconnu pour ses talents de négociateur. Aujourd’hui à la tête de l’Institut des stratégies panafricaines, cet ancien journaliste plaide et ancien parlementaire pour une rupture avec les modèles d’intégration actuels qu’il juge inefficaces. Son action se concentre sur les défis de sécurité, de souveraineté alimentaire et la nécessité d’un leadership fort. Il prône une autonomie stratégique pour que l’Afrique s’affirme comme une entité mondiale distincte. À travers sa « théorie des 50 % », il continue de promouvoir la résolution pragmatique des conflits. Son ambition demeure de transformer le potentiel démographique et naturel du continent en une puissance souveraine.

 “La question de la sécurité régionale, la question de l’intégration et tout ça. Aujourd’hui, c’est le plus grand défi de l’Afrique. Je pense que le paradigme de l’intégration africaine, tel que compris par nos dirigeants, nous a mené à l’impasse. Après cinquante ans d’intégration africaine, par exemple dans le cadre de l’Afrique de l’Ouest, depuis la création de la CEDEAO en mille neuf cent soixante quinze, nous ne sommes pas plus avancés véritablement que ce qu’on devrait être en termes d’intégration, comme en Asie. Quand ça réussit, ils sont allés à cinquante six pour cent d’échanges entre Asiatiques. l’Union européenne soixante seize pour cent des changes inter-européen. Nous en Afrique, on parle de seize pour cent, de dix huit pour cent, etc”

Cheikh Tidiane Gadio, Président de l’Institut des stratégies panafricaines – Sénégal

Au-delà des chiffres du commerce intra-africain, Cheikh Tidiane Gadio lie intrinsèquement le développement à la capacité du continent à se nourrir lui-même. La dépendance alimentaire est, à ses yeux, une atteinte à la dignité africaine.

“Le développement dans tous les pays du monde commence par régler la question de l’agriculture. C’est une question de dignité et de souveraineté que de nourrir sa population. Mais les dirigeants africains et les pays africains, depuis l’indépendance, ne se gênent pas à aller acheter leur nourriture à l’extérieur. Qu’au début, il n’est pas tout ce qu’il faut et qu’ils achètent des compléments, etc. On peut comprendre, mais pendant soixante ans d’indépendance, soixante cinq ans, cinquante ans, on continue d’acheter tout à l’extérieur. C’est inacceptable. Dieu a fait que l’Afrique a les meilleures terres arables du monde pour les cultures. Nous avons une main d’oeuvre agricole extraordinaire. l’Afrique pouvait non seulement atteindre l’autosuffisance alimentaire, mais l’Afrique pouvait nourrir le reste du monde.”

Cheikh Tidiane Gadio, Président de l’Institut des stratégies panafricaines – Sénégal

Pour que cette vision devienne réalité, Cheikh Tidiane Gadio appelle à une révolution du leadership. L’Afrique ne doit plus être un simple spectateur ou un « wagon » de la géopolitique mondiale, mais une force motrice dotée d’une identité propre et reconnue.

Ce que les Africains doivent faire d’abord dans le débat Sud-Sud, dans le débat global South. Dans le débat pour redessiner la carte géopolitique géostratégique du monde. Ce qu’il faut que les Africains existent d’abord en tant qu’Africains, quand nous sommes des wagons tirés par des locomotives venant d’Amérique, de l’Europe, de l’Asie, etc. Nous n’existons pas. Il faut que les Africains se constituent comme une entité distincte, connue et reconnue. Nous avons un milliard trois cents millions d’habitants, on ne peut pas les cacher. Un milliard trois cents millions d’habitants. C’est une force, un potentiel immense et surtout composé essentiellement de jeunes. Peut être que l’Afrique frôle le milliard de jeunes. Qu’est ce qu’on fait de ces jeunes? Mais on a tout ce qu’il faut quarante pour cent des ressources naturelles du monde, un milliard de jeunes, soixante pour cent des terres arables dans le monde. On a toutes les conditions réunies sauf le leadership”

Cheikh Tidiane Gadio, Président de l’Institut des stratégies panafricaines – Sénégal

En prônant une diplomatie commune et une mutualisation des ressources, Cheikh Tidiane Gadio rappelle que l’unité n’est pas qu’un idéal romantique, mais une nécessité stratégique pour que la voix de 1,3 milliard d’Africains soit enfin portée par un porte-parole unique et respecté sur la scène mondiale. 

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