Eskom, la compagnie publique d’électricité sud-africaine, alerte sur une probable explosion des prix pour financer la modernisation de sa centrale de Medupi. Ce projet, estimé à l’énorme somme de 23,985 milliards de dollars, consiste à installer un système de désulfuration des gaz de combustion (FGD) par voie humide pour réduire les émissions de dioxyde de soufre.
23,985 milliards de dollars : c’est le montant que pourrait coûter la modernisation de la centrale de Medupi Power Station, selon Eskom, le géant public de l’électricité en Afrique du Sud. L’entreprise prévoit d’installer un système de désulfuration des gaz de combustion (FGD) humide pour réduire les émissions de dioxyde de soufre. Le financement de ce projet pourrait entraîner une forte hausse des tarifs de l’électricité, ce qui risquerait d’alourdir la facture des ménages déjà touchés par la hausse continue des prix au cours des dix dernières années.
“ Donc aujourd’hui, la problématique particulière, c’est qu’il s’agit d’une centrale à charbon avec toutes les émissions de dioxyde de soufre et de particules fines qu’il faut régler du point de vue écologique. Évidemment, cet investissement a un coût. Le coût de l’énergie qui est subventionné ne peut plus être tenu s’il y a des investissements conséquents pour passer à une phase de refroidissement humide, donc, qui va appeler quand même une participation des consommateurs, des abonnés à ce système de réseau électrique.”
Serge-Parfait DIOMAN, Expert international en industries pétrolières et énergies – Côte d’Ivoire
Un rapport d’analyse coûts-avantages, publié le 24 février, souligne d’ailleurs que les bénéfices sanitaires attendus de cette modernisation sont largement inférieurs aux dépenses engagées, accentuant le poids économique de l’opération.
“ Il est bon de comprendre que, de par sa capacité de production installée, de l’ordre de 4800 mégawatts, cette centrale vaut déjà à elle seule production cumulée de plusieurs pays. D’ailleurs, c’est la centrale au charbon à refroidissement sec la plus importante au monde. Dans tous les cas, la mixité énergétique est une forme de production couplée qui est irréversible. Nous allons vers là dans tous les cas.”
Serge-Parfait DIOMAN, Expert international en industries pétrolières et énergies – Côte d’Ivoire
Le surcoût sera inévitablement reporté sur les consommateurs. Une hausse de 9 % des tarifs est déjà prévue pour avril, et une autre est annoncée pour 2027. De plus, l’Afrique du Sud pourrait connaître une flambée supplémentaire des prix avec une proposition d’augmentation de 10,5 %, qui permettrait à Eskom d’obtenir 4,76 milliards USD de revenus additionnels, soit près du double de l’augmentation initialement prévue pour 2026.



