La conférence ministérielle de l’OMC s’est achevée le 30 mars 2026 à Yaundé, sans accord sur la réforme, le e-commerce et l’agriculture. Des blocages persistants entre l’Inde, le Brésil et les États-Unis ont empêché tout consensus. Le Sénégal déplore 20 ans de stagnation agricole au profit des intérêts nationaux des pays développés. Les pays du Sud critiquent le refus des subventions pour leurs petits exploitants et le maintien des aides au coton au Nord. Paradoxalement, la valeur du commerce agricole a bondi de 300 milliards USD en 2000 à 1 494 milliards USD en 2024. L’OMC note une baisse des droits de douane agricoles moyens, passant de 13 % en 2005 à 5,7 % en 2023. Malgré ces indicateurs de croissance, les divergences structurelles sur la sécurité alimentaire restent insolvables.
La 14ème conférence ministérielle (CM14) de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) s’est achevée ce 30 mars 2026 à Yaoundé au Cameroun Après quatre jours de discussions qualifiées de « tendues et incertaines », les 166 membres se sont séparés sans consensus sur les dossiers majeurs de la réforme, du commerce électronique et de l’agriculture. Le secteur agricole, jugé hautement sensible, a cristallisé les tensions entre l’Inde, le Brésil et les États-Unis. Le Sénégal, par la voix de ses représentants, a vivement dénoncé une stagnation qui dure depuis deux décennies.
S’il y a un secteur auquel l’OMC n’a pas progressé c’est au niveau de l’agriculture. Pendant 20 ans on a stagné, chacun restant de son côté défendant ses propres intérêts. On n’a pas mis en avant la sécurité alimentaire, on n’a pas mis en avant le bien être à l’échelle mondiale. Chaque pays protège ses intérêts et cela qui malheureusement est en train de causer un problème. Évidemment tout le monde souhaite qu’on adopte le projet de déclaration ministérielle par rapport à la question de l’agriculture mais cela ne va pas être facile.
Amadou Diop, Président du Comité national du CODEX – Sénégal
Le sous-comité commerce des produits agricoles du Sénégal a déploré l’absence de consensus et le refus des pays développés de laisser les États africains soutenir leurs petits producteurs. Selon lui, le maintien des subventions agricoles et cotonnières par les pays du Nord entrave gravement le développement économique de pays africains.
On est au regret de constater qu’il n’y a pas eu de consensus pour l’ensemble des participants. Les pays développés ne veulent pas que nos Etats soutiennent les petits producteurs. Et ça c’est un problème pour nous. Nous avons besoin quand même de subventionner l’agriculture, de soutenir la production en soutenant les petits producteurs. Il y a également la problématique du coton, qui aujourd’hui, subventionné par les pays développés et qui cause des problèmes d’écoulement au niveau des pays moins avancés. Le Sénégal en fait partie comme la Côte d’Ivoire, le Mali, le Tchad et le Burkina Faso.
Cheikh Ahmed Bassirou Sané, Coordinateur du sous-comité commerce des produits agricoles – Sénégal
Selon l’OMC, les échanges agricoles mondiaux ont connu une croissance exceptionnelle depuis 2000, leur valeur ayant été multipliée par cinq pour atteindre 1 494 milliards de dollars en 2024 (contre 300 milliards de dollars initialement). Parallèlement, l’ouverture des marchés s’est intensifiée avec une réduction significative des barrières tarifaires : le droit de douane moyen sur les produits agricoles est tombé de 13 % en 2005 à seulement 5,7 % en 2023.



