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Afrique – GHACOF 74 : La région se prépare aux pluies extrêmes 

Face au renforcement de l’épisode El Niño, les pays de la Grande Corne de l’Afrique renforcent leur dispositif d’alerte et d’anticipation. Les prévisions annoncent jusqu’à 400 mm de pluie dans plusieurs zones entre octobre et décembre, faisant craindre des inondations, des dégâts aux cultures et des déplacements de populations. Réunis à Kigali, les experts appellent désormais à transformer ces données climatiques en actions précoces pour protéger les populations et renforcer leur résilience. 

Face à un épisode El Niño qui se renforce, la Grande Corne de l’Afrique veut éviter que des pluies exceptionnelles ne se transforment en catastrophe humanitaire. Réunis les 17 et 18 août 2026 à Kigali au Rwanda, les experts du GHACOF 74 ont annoncé une saison d’octobre à décembre plus humide et plus chaude que la normale. Une probabilité de 90 % de fortes précipitations est notamment prévue dans le sud de l’Éthiopie, le centre et le sud de la Somalie ainsi que le nord-est du Kenya.

Nous sommes réunis aujourd’hui à un moment d’une importance capitale pour notre région. Une alerte précoce doit déboucher sur une action rapide. Notre région est l’une des plus sensibles au changement climatique au monde. Elle subit toute une série de chocs liés au climat, notamment des sécheresses graves, des crues soudaines, la hausse des températures et la dégradation des sols.

Dr. Abdi Fidar, Directeur du Centre de prévision et d’applications climatiques de l’IGADSomalie 

Certaines zones de Somalie, du Kenya, du bassin du lac Victoria, du Burundi, du Rwanda et de la Tanzanie pourraient recevoir plus de 400 mm de pluie. Le risque d’inondations, de destruction des cultures et des infrastructures et de propagation de maladies liées à l’eau augmente donc. Dans certaines régions d’Éthiopie, du Kenya et de Somalie, la saison octobre-décembre représente jusqu’à 70 % des précipitations annuelles, alors que d’autres zones restent confrontées à des déficits pluviométriques et à la sécheresse.

Face aux réalités actuelles du changement climatique, nous avons beaucoup à faire pour nos communautés et nos pays, afin de renforcer notre résilience face au changement climatique. Nous vivons dans une région de la planète qui souffre énormément des conséquences du changement climatique. Alors que nous sommes tous réunis ici, nous devons sans cesse nous demander : quel est notre rôle ? Que devons-nous faire pour nous assurer que nous donnons à chacun la possibilité de se construire des moyens de subsistance résilients et une économie résiliente pour nos pays ?

Fidèle Bingwa, Secrétaire Permanent du ministère de l’Environnement – Rwanda  

Pour prévenir ces risques, les participants au sommet ont appelé à transformer les prévisions climatiques en actions concrètes avant l’arrivée des catastrophes. Les recommandations prévoient notamment le renforcement des systèmes d’alerte précoce, la diffusion de prévisions nationales et locales, le prépositionnement de l’aide humanitaire et une meilleure préparation aux inondations.

Nous disposons désormais des prévisions. Il y a en réalité un manque d’alertes précoces, mais nous avons le temps d’agir. Nous devons donc agir dès maintenant. Il n’y a pas de temps à perdre. Utilisons les informations dont nous disposons pour protéger les moyens de subsistance, les préserver et renforcer la résilience de la région.

Dr. Abdi Fidar, Directeur du Centre de prévision et d’applications climatiques de l’IGADSomalie 

L’action anticipée devra également concerner l’agriculture, l’élevage, la gestion de l’eau, la santé et la protection des infrastructures. Pour les 10 pays de la région, l’enjeu est désormais de mieux coordonner scientifiques, autorités et acteurs humanitaires. Objectif : utiliser les alertes climatiques pour protéger les populations et leurs moyens de subsistance avant que les pluies liées à El Niño ne provoquent de nouvelles crises.

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