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Afrique – Gouvernance mondiale de l’IA : le continent veut peser sur les règles

L’Afrique veut peser dans les décisions qui façonneront l’avenir de l’intelligence artificielle. À l’ONU, plusieurs pays du continent plaident pour une gouvernance mondiale plus inclusive, tout en appelant à renforcer les infrastructures, les données et les compétences africaines. 

L’intelligence artificielle s’impose comme un nouvel enjeu de la gouvernance mondiale. À la 81ème Assemblée générale des Nations unies, les appels se multiplient pour une meilleure représentation de l’Afrique dans l’élaboration des règles qui encadrent cette technologie. Au cœur des discussions : l’accès aux technologies, la sécurité, la responsabilité, mais aussi la capacité des pays en développement à bénéficier des opportunités liées à l’IA.

Nous devons également nous préparer à la prochaine grande transformation, celle de l’intelligence artificielle (IA), qui pourrait devenir l’un des plus grands moteurs du développement humain. Si l’Afrique se contentait de consommer des technologies conçues et contrôlées en dehors du continent, une nouvelle forme de dépendance pourrait voir le jour, liée aux données, aux infrastructures, à la puissance de calcul et aux technologies critiques. Nous devons éviter ce scénario. C’est pourquoi le Bénin est favorable à une gouvernance internationale de l’IA qui soit inclusive, responsable et axée sur le développement.

Marc Hermanne Gninadoou Araba, Représentant permanent auprès des Nations Unies – Bénin 

Au Nigeria comme au Bénin, l’accent est mis sur les moyens permettant au continent de tirer parti de cette révolution technologique. Les autorités nigérianes défendent l’utilisation de l’IA dans des secteurs comme la santé, l’éducation, l’agriculture et la gouvernance, tout en misant sur les infrastructures numériques, la recherche et l’innovation. L’accent est ainsi mis entre autres sur les capacités de calcul, les infrastructures de données, la formation des talents et la constitution de données adaptées aux réalités africaines.

Nous pouvons déployer l’intelligence artificielle pour faire la guerre, ou l’utiliser pour transformer les soins de santé, l’éducation, l’agriculture, la gouvernance et la productivité économique. Une grande partie de l’inquiétude suscitée par l’IA reflète la méfiance que nous avons laissée s’installer parmi nous.

Kashim Shettima, Vice-président – Nigéria 

L’Afrique du Sud insiste davantage sur la place du continent dans l’élaboration des normes internationales. Ronald Ozzy Lamola, Ministre sud-africain des relations et de la coopération internationales appelle à une participation africaine aux discussions sur le développement et le déploiement de l’IA, notamment sur les questions de sécurité, de responsabilité et de gouvernance. Une participation jugée nécessaire alors que les décisions prises aujourd’hui pourraient déterminer les conditions d’accès et d’utilisation de ces technologies à l’échelle mondiale.

L’Afrique doit avoir son mot à dire dans l’élaboration des règles qui régissent le développement et le déploiement de l’intelligence artificielle. Nous disposons d’une population jeune, prête à jouer un rôle clé dans la valorisation des minerais critiques, ainsi que dans la recherche et les innovations en matière d’intelligence artificielle.

Ronald Ozzy Lamola, Ministre des relations et de la coopération internationales – Afrique du Sud 

Au-delà des initiatives nationales, l’enjeu est désormais continental. L’Afrique cherche à renforcer ses infrastructures, ses compétences et ses capacités de recherche, tout en faisant entendre sa voix dans la définition des règles internationales. Pour le continent, il s’agit donc à la fois de réduire la fracture numérique, de garantir un accès équitable aux bénéfices de l’IA et de participer à la construction d’une gouvernance mondiale plus inclusive. Le débat se poursuit notamment dans le cadre du Dialogue mondial des Nations unies sur la gouvernance de l’intelligence artificielle.

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