Afrique : l’agriculture face à l’urgence climatique

Sécheresses, inondations, récoltes fragilisées. Le changement climatique frappe de plein fouet l’agriculture africaine. À Paris, à l’École Militaire, ce 13 février,  chercheurs, hauts fonctionnaires, entrepreneurs et entreprises se sont réunis pour réfléchir aux conséquences… mais surtout aux solutions.

Répondre aux impacts du changement climatique sur l’agriculture africaine : tel était l’objectif de la conférence organisée par le Cercle Convergences franco-africaines et les auditeurs de l’IHEDN à l’École Militaire de Paris.

«Les échanges qui ont eu cours aujourd’hui ont permis de comprendre les enjeux climatique et surtout leur impact sur l’agriculture avec en conclusion les propositions qui ont été faites en terme d’innovation et d’adaptation »

Rigobert PINGA PINGA / Membre du bureau du Cercle Convergences franco- africaines / Cameroun 

Depuis le début des années 2000, l’Afrique, notamment le Sahel et l’Afrique de l’Est, connaît une intensification des sécheresses et des inondations. Une hausse des températures de plus 1,2 °C depuis l’ère préindustrielle selon le groupe d’expert intergouvernemental sur l’évolution du climat   qui provoque une baisse des rendements, une dégradation des récoltes et d’importantes pertes après production. D’après la FAO, la productivité agricole pourrait chuter jusqu’à 30 % d’ici 2050 dans certaines régions d’Afrique subsaharienne si aucune adaptation majeure n’est engagée.

Dans ce contexte, les organisateurs ont voulu dépasser le simple constat pour transformer les échanges en actions concrètes : former des jeunes passionnés, fournir des données climatiques fiables, adapter les outils agricoles, améliorer les infrastructures et faire de l’agriculture un métier d’avenir plutôt qu’un fardeau. Un secteur qui représente près de 60 % des emplois en Afrique subsaharienne.   

« Aujourd’hui, on travaille avec des coopératives, on crée une infrastructure de données qui permet aux coopératives de pouvoir suivre leur cacao et aux industriels de pouvoir savoir d’où provient  le cacao qu’ils produisent. »

Régine NGAH EKEMBE / Fondatrice de FairconnAICT / Cameroun

Le colloque a aussi insisté sur la création d’un véritable écosystème réunissant État, institutions, entreprises et agriculteurs. Parmi les partenaires engagés : le groupe Orange.

« Aujourd’hui, nous avons, et encourageons, des startups sur le continent africain, grâce à notre réseau des Orange Digital Center, des startups qui proposent des solutions dotées à l’IA ou à l’IoT pour résoudre des problèmes de stress hydrique, pour faire de la prédictivité sur les récoltes, sans compter tous les services liés aux mobiles que nous proposons aux agriculteurs pour avoir des données météorologiques, des analyses de marché agricole aussi, des formations sur l’agriculteur.»

Elizabeth TCHOUNGUI/ Directrice exécutive en charge de la RSE d’Orange / Cameroun

Si l’Afrique participe aux grandes discussions climatiques, notamment aux COP climat , sommet du G20 ou encore fond vert pour le climat , plusieurs intervenants estiment que ses solutions locales restent insuffisamment financées ou évaluées selon des critères inadaptés. Aujourd’hui, le continent ne reçoit qu’environ 3 à 4 % des financements climatiques mondiaux, alors que ses besoins en adaptation sont estimés entre 30 et 50 milliards de dollars par an. Les organisateurs souhaitent donc poursuivre ces travaux et multiplier les partenariats , car face au climat, l’agriculture africaine ne peut plus attendre.

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