Le directeur général du Groupe intergouvernemental d’action contre le blanchiment de capitaux en Afrique de l’Ouest (GIABA), Edwin W. Harris Jr., a appelé, le 29 juin 2026 à Saly, les États ouest-africains à transformer en profondeur leurs dispositifs de conformité afin de faire face à l’évolution des risques liés au blanchiment de capitaux et au financement du terrorisme.
Selon les Nations unies, entre 2 % et 5 % du PIB mondial, soit jusqu’à 2 000 milliards de dollars, seraient blanchis chaque année. En Afrique de l’Ouest, la digitalisation des paiements, l’essor des crypto-actifs et les flux financiers transfrontaliers compliquent davantage la détection des circuits illicites. Au Sénégal, ces préoccupations font écho aux alertes de la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF).
Selon les Nations unies, entre 2 % et 5 % du PIB mondial, soit jusqu’à 2 000 milliards de dollars, seraient blanchis chaque année. En Afrique de l’Ouest, la digitalisation des paiements, l’essor des crypto-actifs et les flux financiers transfrontaliers compliquent davantage la détection des circuits illicites. Au Sénégal, ces préoccupations font écho aux alertes de la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF).
En Afrique de l’Ouest, vous l’avez vu récemment, le Sénégal est sorti de la liste grise du GAFI parce que conforme aux standards internationaux en octobre 2024, s’en est suivi d’autres pays frères comme le Burkina, mais également le Mali et le Nigeria récemment, et le Côte d’Ivoire est sur la bonne voie également. Donc ça c’est des succès. Les défis existent toujours parce que nous sommes dans une dynamique d’amélioration continue et l’idée c’est de faire en sorte que nos systèmes soient robustes pour pouvoir faire face à la criminalité financière.Khadija Faye, Secrétaire générale de la CENTIF
Réunis à Saly, au Sénégal le 29 juin 2026, pour le Sommet ouest-africain sur la conformité 2026, les responsables du Groupe intergouvernemental d’action contre le blanchiment de capitaux (GIABA), des autorités de régulation et du secteur privé planchent sur une refonte des mécanismes de contrôle. Les évaluations conduites par le GIABA dans ses 17 États membres mettent en évidence des faiblesses persistantes : suivi insuffisant des transactions, faible déclaration des opérations suspectes et procédures de vigilance encore inadaptées face aux nouveaux risques.
L’organisation de l’atelier de cette année sur la conformité sert juste de renforcer cette relation-là entre les deux secteurs publics et privés. Et comme vous le savez, les responsables de conformité constituent la première ligne de défense dans les institutions pour les protéger contre les phénomènes d’argent sale. Il y a des défis, donc l’essentiel c’est l’amélioration continue des processus. Et comme vous l’avez entendu dans le discours, nous devons nous départir de ce que nous avons l’habitude de faire parce qu’il y a la technologie qui est maintenant impliquée et cette rencontre-là permet de pouvoir maintenant avoir les outils pour nous améliorer une fois de retour.
Edwin W. Harris Jr, Directeur général du GIABA
Dans son rapport de mai 2026, la Cellule nationale de traitement des informations financières du Sénégal souligne les risques croissants liés aux fintechs et aux crypto-actifs. Face à ces nouvelles menaces, le GIABA annonce un changement de paradigme. Les prochaines évaluations mesureront avant tout l’efficacité des dispositifs nationaux et leurs résultats concrets contre la criminalité financière. Un enjeu économique majeur : selon le FMI, l’inscription d’un pays sur la « liste grise » du GAFI peut réduire les flux de capitaux étrangers d’environ 7,6 % du PIB, d’où l’importance des réformes engagées par plusieurs États de la région, dont le Sénégal.



