Le mandat du Président angolais, João Lourenço, à la tête de l’Union Africaine (UA) pour 2025 s’achèvera lors de la 39ᵉ session ordinaire à Addis-Abeba, les 14 et 15 février 2026. Le bilan de cette présidence est considéré comme nuancé par les analystes, entre avancées diplomatiques et échecs face aux crises. Son principal succès est la gestion de la crise des Grands Lacs, notamment le conflit entre la RDC et le Rwanda, où sa diplomatie a marqué des points notables. Cependant, la persistance, voire l’aggravation, de nombreux conflits sur le continent a rendu le bilan global jugé insuffisant. Sur le plan institutionnel, João Lourenço a plaidé avec force pour une plus grande autonomie financière de l’UA.
À l’occasion de la 39ᵉ session ordinaire de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de l’Union Africaine (UA), qui se tiendra les 14 et 15 février 2026 à Addis-Abeba en Éthiopie, le mandat du Président angolais, João Lourenço, à la présidence tournante de l’organisation (pour l’année 2025) prendra fin. Le bilan de son mandat a fait l’objet d’une évaluation nuancée. Si la diplomatie angolaise a marqué des points notables, la persistance des conflits sur le continent a conduit les analystes à le qualifier de « mitigé ». Le principal succès attribué à la présidence Lourenço réside dans sa gestion de la crise des Grands Lacs, notamment le conflit entre la République Démocratique du Congo (RDC) et le Rwanda.
“Ce qu’on peut mettre à l’actif du président angolais, ce qu’il a réussi à ramener en Afrique la résolution du conflit dans la région des Grand lacs notre entre la RDC et le Rwanda. La résolution du conflit qui avait migré vers l’extérieur notamment au Qatar et aux Etats unis, il l’a ramené en Afrique et, est en passe d’obtenir un dialogue exclusif au niveau de la classe politique congolaise, base principale pour la résolution de ce conflit. Au niveau des autres conflits en Afrique, la situation était généralement très difficile et la mauvaise fois des uns et des autres, n’a pas permis au président angolais de montrer tout le talent de sa diplomatie, on peut dire que c’est un bilan mitigé.”
KERWIN MAYIZO, Analyste politique – RD Congo
Toutefois, les efforts de l’Angola en matière de médiation ne sont pas passés inaperçus. Pour d’autres observateurs, un mérite indéniable de cette présidence fut la volonté de maintenir ouverts les canaux diplomatiques sur plusieurs théâtres sensibles.
“Les points où l’on peut parler d’avancées, il ya la volonté de maintenir ouverts les canaux diplomatiques sur plusieurs théâtres sensibles. L’UA a continué à soutenir les efforts de médiation notamment autour des transitions politiques en Afrique de l’Ouest et dans les discussions liées aux transitions à l’est de la RDC. Le mérite de cette présidence a été de préserver le cadre du dialogue continental et d’éviter les fractures ouvertes entre les Etats membres. En revanche, les limites apparaissent clairement lorsqu’on observe la persistance voire l’aggravation de certaines crises. Au Sahel par exemple, malgré les initiatives politiques, l’organisation peine toujours à influencer des dynamiques sécuritaires.”
Bouba Keita, Juriste – Guinée
Durant son mandat, le président João Lourenço a fortement plaidé pour une plus grande autonomie financière de l’Union Africaine (UA). Il a ainsi insisté sur l’augmentation des contributions des États membres afin de réduire la dépendance de l’organisation aux financements extérieurs. Le Président angolais a également réaffirmé la position de l’Afrique en faveur d’une réforme du Conseil de sécurité des Nations Unies. Il a rappelé l’exigence d’obtenir deux sièges permanents avec droit de veto, jugeant cette réforme cruciale pour une représentation équitable du continent dans la gouvernance mondiale.



