Afrique : le marché de l’intelligence artificielle pourrait générer 1 000 milliards USD d’ici 2035

Alors que le marché de l’intelligence artificielle en Afrique pourrait générer 1 000 milliards de dollars d’ici 2035, le continent balance entre opportunités historiques et risques de dépendance technologique. De la santé à l’agriculture, l’IA révolutionne le quotidien des populations africaines, mais l’absence de cadres juridiques dans près de 70% des pays et le manque crucial d’infrastructures freinent encore l’émergence d’une souveraineté numérique francophone. 

L’Afrique se trouve à un tournant décisif de son histoire technologique. Entre opportunités de développement et risques de dépendance, le continent doit composer avec une révolution numérique appelée à transformer son économie. Si l’intelligence artificielle (IA) ouvre de nouvelles perspectives, elle pose aussi des questions majeures en matière de souveraineté numérique et de régulation et de langue.

L’avènement des technologies numériques a rapidement transformé le paysage éducatif mondial. En Côte d’Ivoire, l’Université virtuelle de Côte d’Ivoire, qui mise sur l’enseignement à distance, se trouve au cœur de cette révolution. L’intégration de l’intelligence artificielle y apparaît non plus comme une option, mais comme une nécessité stratégique.

Yacouba Kouraogo , Enseignant-Chercheur en IA 

Sur le plan économique, les perspectives sont prometteuses. Le marché africain de l’IA pourrait atteindre 16,5 milliards de dollars d’ici 2030 et contribuer à hauteur de 1 000 milliards de dollars au PIB du continent d’ici 2035. Mais cette dynamique reste freinée par un cadre juridique encore insuffisant : près de 70% des pays africains ne disposent pas encore d’une réglementation adaptée. La souveraineté numérique reste également fragile, avec 70% des capacités des centres de données concentrées en Afrique du Sud, tandis que les langues locales demeurent largement sous-représentées dans les modèles d’IA.

L’IA n’est pas une histoire de 2022, mais c’est à l’université que tout a commencé. Depuis les années 40-50, on parlait déjà d’intelligence artificielle. C’était dans le monde universitaire. Donc, à ce niveau, on parlait de toutes les techniques qu’on pouvait utiliser pour résoudre des problèmes complexes.

Yacouba Kouraogo , Enseignant-Chercheur en IA 

Au-delà de ces défis, l’IA investit déjà plusieurs secteurs clés. Dans l’agriculture, elle peut contribuer à améliorer la productivité grâce à l’analyse des sols et des données climatiques. Dans la santé, elle facilite et accélère certains diagnostics. Dans l’éducation, elle permet de personnaliser les parcours d’apprentissage, alors que le numérique et l’IA pourraient générer des millions d’emplois en Afrique subsaharienne d’ici 2030. Face à cette mutation, l’Organisation internationale de la Francophonie a lancé à Genève son premier Forum sur la gouvernance du numérique. Un enjeu se dessine : pour renforcer sa souveraineté, l’Afrique doit passer de simple utilisatrice à véritable actrice de l’innovation numérique.

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