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Afrique : le transport comme catalyseur de l’industrialisation

L’Afrique subit un manque à gagner annuel de 230 milliards USD soit 7,5% du PIB en exportant son pétrole brut pour importer des produits raffinés. Pour corriger ce déséquilibre, le président William Ruto préconise une transformation locale des ressources soutenue par une énergie abordable. Yoweri Museveni insiste sur la réduction des coûts de production via des investissements publics massifs dans le rail et le transport fluvial. L’Union africaine soutient cette mutation en appelant à créer des corridors économiques intégrés reliant les zones de production aux marchés de la ZLECAf. Cette synergie logistique est la condition indispensable pour industrialiser le continent et préserver les emplois locaux. 

L’Afrique fait face à un défi structurel majeur : transformer son immense potentiel en richesse concrète. Alors que le continent produit 10 millions de barils de pétrole par jour (10% de la production mondiale), il dépense paradoxalement environ 90 milliards de dollars par an pour importer 120 millions de tonnes de produits raffinés. Ce manque à gagner, estimé à plus de 230 milliards de dollars, représente plus de 7,5% du PIB continental pour cette seule ressource. Pour le président kényan William Ruto, la compétitivité passera nécessairement par une transition énergétique audacieuse.  

“Nous devons maintenant nous déplacer délibérément pour attirer ces ressources et nous positionner compétitivement dans l’arène de la fabrication de l’agriculture globale. Cependant, nous ne pouvons pas atteindre la compétitivité sans l’énergie affordable, en faisant des investissements à large échelle dans l’énergie renouvelable, une priorité urgente, et en assurant que les ressources que nous avons dans notre région, y compris l’huile que nous avons en Ouganda, la petite huile que nous avons en Kenya, nous devons trouver le mécanisme pour lutter contre ces ressources et conduire notre industrie.”

William Ruto, Président de la RépubliqueKenya

De son côté, le président ougandais Yoweri Museveni identifie les coûts de production comme le principal frein à l’émergence. Il pointe du doigt le transport, et plus particulièrement le rail et les voies navigables, comme des coûts fondamentaux à réduire.

‘“Si vous voulez que l’économie réussisse, vous devez identifier les puissants coûts fondamentaux qui poussent les coûts dans la production. L’un d’entre eux est le transport,  le transport, en particulier le railway, et le transport d’eau. Donc, si vous construisez le chemin de fer, vous devez le construire avec l’argent du gouvernement, qui ne cherche pas de profits élevés et rapidement, ou avec le capital patient et, le capital privé.’

Yoweri Museveni, Président de la RépubliqueOuganda

La vision d’une Afrique connectée est également portée par Lerato Dorothy Mataboge, Commissaire à l’Union africaine. Elle rappelle que la base financière domestique de l’Afrique dépasse désormais des trillions de dollars, mais que le marché de la ZLECAf souffre d’un manque de connexion physique.

“L’Afrique possède les ressources financières et le potentiel de marché nécessaires via la ZLECAf. Cependant, le manque de connectivité physique freine sa capacité de production. Il est crucial de repenser l’infrastructure comme un système intégré de corridors économiques reliant les zones de production aux marchés.  L’infrastructure doit bouger. Les ports, les rails, les routes et les réseaux numériques doivent fonctionner ensemble  comme des corridors économiques intégrés qui connectent les zones de production aux marchés.”

Lerato Dorothy Mataboge, Commissaire aux Infrastructures et à l’Énergie, UAAfrique du Sud 

Cette révolution logistique est désormais perçue comme la condition sine qua non pour que l’Afrique cesse d’exporter ses emplois en même temps que ses matières premières.

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