La gestion durable des ressources naturelles en Afrique est un défi majeur qui dicte l’avenir socio-économique du continent. Elle consiste à équilibrer l’exploitation des richesses du sol et du sous-sol avec la préservation de l’environnement, afin de garantir la prospérité actuelle sans compromettre les besoins des générations futures.
D’après les données de la Banque africaine de développement, l’Afrique possède un levier de croissance exceptionnel grâce à ses ressources naturelles estimées à 6 500 milliards de dollars. Le continent concentre également 65 % des terres arables non exploitées au monde et s’appuie sur une jeunesse particulièrement dynamique. Toutefois, cette dynamique économique est freinée par une exploitation intensive et un manque de régulation qui mettent en péril la durabilité de ces ressources, tout en aggravant la fragilité des populations face aux dérèglements climatiques.
“Les débats à terme, ça permet de mieux mesurer et quantifier la contribution des ressources naturelles à l’économie nationale, à la création de richesses, à la sécurité alimentaire et nutritionnelle, bref, à la prospérité.”
Oumar Ndiaye, Responsable des Changements climatiques de la FAO – Sénégal
L’Afrique, détentrice de 30 % des réserves minérales mondiales essentielles à la transition verte, doit miser sur l’industrialisation pour se développer. Selon la CNUCED, elle concentre des parts majeures de cobalt (55 %), manganèse (47,65 %), graphite (21,6 %) et nickel (5,6 %). Pour les experts, le continent doit cesser l’exportation non durable pour devenir un leader de la transition énergétique et numérique, garantissant ainsi son progrès social.
« Pour accroître les retombées économiques, consolider la gouvernance des zones de conservation, améliorer la gestion du territoire et garantir une utilisation durable des ressources naturelles, il est essentiel d’adopter des mesures adaptées visant à promouvoir l’équité sociale et à renforcer le tissu économique local. »
John Kasaona, Directeur exécutif du Développement rural intégré – Namibie
Selon le rapport Perspectives économiques en Afrique 2023 de la BAD, les ressources naturelles et énergies renouvelables génèrent environ 62 % du PIB continental. En sept ans, la BAD a investi près de huit milliards de dollars dans l’agriculture, bénéficiant à 250 millions de personnes. Pour contrer les pénuries liées au conflit russo-ukrainien, elle a aussi mobilisé 1,5 milliard de dollars afin de sécuriser la production alimentaire locale.
« Face aux ressources limitées des pays africains, une planification rigoureuse et une hiérarchisation des priorités sont indispensables. En tant qu ‘ agronome forestier, je souligne que les ressources naturelles sont le socle du développement durable. Il est urgent d’investir massivement pour restaurer les sols et protéger les forêts, dont la dégradation silencieuse menace la sécurité alimentaire. Ce patrimoine vital doit être préservé dès maintenant pour garantir la résilience et le bien-être des générations futures. »
Brice SINSIN, Ingénieur agronome – Bénin
Dans les zones rurales, les ressources naturelles (forêts, sols, eau et biodiversité) sont essentielles à la vie économique et sociale des communautés. Toutefois, leur surexploitation, les effets du changement climatique et une gouvernance parfois insuffisante provoquent leur dégradation. Pour faire face à ces enjeux, des approches de gestion durable et inclusive sont mises en œuvre, notamment la gestion participative des ressources, la sécurisation foncière et la valorisation des savoirs locaux, y compris la régénération naturelle assistée (RNA). Ces actions visent à renforcer le rôle des communautés, en particulier des femmes et des jeunes, dans la préservation et la valorisation durable de leur environnement.