Passer au contenu principal

Africa24 TV

Afrique : les transferts de la diaspora estimés à 104 milliards USD par an

Longtemps cantonnée au rôle de soutien familial, la diaspora africaine s’impose désormais comme un acteur stratégique du développement continental. Avec plus de 104 milliards de dollars transférés chaque année, soit davantage que l’aide publique au développement estimée à 48 milliards de dollars, les Africains établis à l’étranger misent sur l’investissement productif, l’innovation et le transfert de compétences. Pour transformer cette puissance financière en levier de croissance, les États africains doivent lever les obstacles qui freinent les investisseurs et instaurer un climat de confiance durable.

La diaspora africaine s’affirme aujourd’hui comme un moteur économique et technologique majeur. Ses investissements structurants, illustrés par des flux records dépassant les 104 milliards de dollars annuels soit 6 % du PIB continental selon la Banque mondiale, redéfinissent son rôle. Les expatriés africains sont devenus les premiers bailleurs de fonds du continent, surclassant largement l’aide publique.

“Les réussites de cette année démontrent que l’Afrique s’organise à travers des réformes institutionnelles, des partenariats stratégiques et un plaidoyer coordonné. La prise en compte de ces lacunes nécessitera un leadership politique soutenu, un engagement plus profond des États membres et la continuité du partenariat avec la diaspora.”

Mohammed Ibn Chambas, Haut représentant de l’UA pour faire taire les armes

D’ailleurs, des initiatives comme les Diaspora Impact Days ou le forum Diaspora for Growth illustrent la transition du transfert de fonds vers l’investissement productif en Afrique, soutenu par une manne financière projetée à 105 milliards de dollars par an. Le programme panafricain Diasdev qui octroie 3 à 5 millions d’euros de l’Agence française de développement, accompagne également cette dynamique, visant à transformer une épargne significative en investissements durables, complétant des apports déjà cruciaux, tels que les 5 % du PIB au Mali. 

“La raison pour laquelle je crois qu’il est important que nous commencions à porter consciemment l’histoire de la diaspora comme une partie intégrante de l’histoire de l’Afrique, c’est parce que ce qui nous affaiblit ultimement, ce qui compromet notre capacité à être unis, c’est cette division. Et c’est précisément ainsi que nous sommes conquis. Nous devons arrêter de tracer ces lignes de démarcation qui disent : « Je m’arrête ici et vous commencez là. »

John Dramani Mahama, Président de la RépubliqueGhana 

Cependant, la mobilisation de ce capital se heurte encore à des barrières : lourdeurs administratives, insécurité foncière et manque de transparence réglementaire. Pour libérer ce potentiel, les gouvernements selon des experts doivent renforcer l’attractivité de leurs économies par la simplification des procédures, la sécurisation du foncier et la protection accrue des investisseurs. Un cadre juridique stable est la condition sine qua non pour convertir la confiance en investissements massifs.

“En débattant de toutes ces questions et de toutes ces idées, gardez à l’esprit que l’avenir est devant nous et que l’avenir est africain. Nous avons entre nos mains le pouvoir de changer le cours de notre histoire, mais nous devons être plus déterminés à préserver notre unité que ceux qui ont cherché à nous diviser.”

Faure Gnassimbé, Président de la RépubliqueTogo 

Toutefois, si cet engagement suscite de grands espoirs, il appelle à la prudence. Comme le souligne l’expert du financement et le développement du continent africain  Serge Éric Menye dans son essai « Le Mythe des diasporas africaines » les investissements des expatriés ne portent leurs fruits que lorsqu’ils sont adossés à des politiques publiques cohérentes et une gouvernance efficace. La diaspora agit comme un puissant catalyseur, mais elle ne saurait se substituer à la responsabilité première de l’État dans la transformation structurelle des économies.

Agenda

logo Africa24tv

CONTACTEZ NOUS

xxxxxxx@yyy.com