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Afrique : levée de barrières douanières par la Chine

À l’issue du 39ème sommet de l’Union africaine à Addis-Abeba en février 2026, la République populaire de Chine a annoncé que dès le 1ᵉʳ mai 2026, elle mettra en place un régime de droits de douane nuls (zéro tarif douanier) sur toutes les importations en provenance des 53 pays africains entretenant des relations diplomatiques avec Pékin. Seul Eswatini n’est pas inclus, en raison de ses relations diplomatiques avec Taïwan. 

La Chine a officialisé la suppression des droits de douane sur les produits exportés par 53 pays africains, à partir du 1er mai 2026. Présentée comme un levier stratégique, cette mesure vise à faciliter l’accès des produits africains au marché chinois, l’un des plus vastes au monde. Selon les autorités chinoises, cette initiative permettra de stimuler les échanges commerciaux et de soutenir l’industrialisation du continent. Les secteurs agricole, minier et manufacturier devraient être les principaux bénéficiaires de cette ouverture tarifaire.

La chine couvre cette zone structurel de l’Afrique  surtout en terme de réforme qui on été fait depuis 1975.

Abdelghani Youmni, Économiste

En 2025, le commerce total entre la Chine et l’Afrique a atteint 348 milliards de dollars, en hausse d’environ 17,7% par rapport à 2024 selon les chiffres de la BAD . Cette asymétrie met en lumière une dépendance accrue de l’Afrique vis-à-vis des produits manufacturés chinois, tandis que ses exportations vers la Chine restent concentrées sur les matières premières et les produits miniers. Les exportations africaines vers la Chine ont progressé ces dernières années, mais restent faibles par rapport aux flux en sens inverse.  La décision d’exonération s’inscrit donc dans le cadre du partenariat stratégique global entre la Chine et les pays africains, consolidé lors des sommets du Forum sur la coopération sino-africaine (FOCAC). 

C’est une décision extrêmement calculée de la part de la Chine. En exonérant cinquante trois pays de droits de douane qui sécurisent à moindre coût son approvisionnement en matières premières stratégiques, tout en renforçant considérablement son soft power face à un Occident plus protectionniste. Pour les pays africains concernés, c’est une porte d’entrée inespérée vers le premier marché du monde. Mais le piège serait de n’exporter que du brut, sans transformation locale.

Alfred Guillaume Azombo, Consultant en question diplomatique

Cette mesure pourrait contribuer à réduire le déficit commercial de plusieurs économies africaines vis-à-vis de la Chine, tout en favorisant la diversification des exportations africaines, mais aussi créer un déséquilibre commercial persistant avec  les exportations africaines qui restent dominées par des matières premières à faible valeur ajoutée dans un contexte de recomposition des échanges commerciaux mondiaux. 

Le véritable test sera donc leur capacité à imposer des normes de qualité et à développer une industrie de transformation. Sinon, cette exemption, qui est censée être une opportunité, pourrait au contraire les enfermer dans une dépendance accrue.


Alfred Guillaume Azombo, Consultant en question diplomatique

L’Afrique importe massivement de 2013 en 2025  de produits manufacturés, électroniques et équipements solaires de Chine. La suppression des droits de douane pourrait rendre ces produits encore plus compétitifs, mais nécessite un renforcement de la production locale pour favoriser l’industrialisation sur le continent.   

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